Les investisseurs s'attendaient à une baisse de 24%, elles plongent finalement de 55% par rapport à juin: les créations d'emplois dans le secteur privé américain ont fortement ralenti en juillet

Le marché du travail américain a envoyé un signal bien plus faible que prévu ce mercredi 5 août. Selon l’enquête ADP/Stanford Labs, les entreprises privées n’on
Le marché du travail américain a envoyé un signal bien plus faible que prévu ce mercredi 5 août. Selon l’enquête ADP/Stanford Labs, les entreprises privées n’ont créé que 44.000 emplois en juillet, contre 98.000 le mois précédent. Un chiffre qui contraste nettement avec les attentes des investisseurs, lesquels tablaient sur un ralentissement modéré à 75.000 créations, soit une baisse anticipée de 24% par rapport à juin. La réalité s’avère plus brutale : le recul atteint finalement 55%, signe d’un essoufflement prononcé du dynamisme de l’embauche outre-Atlantique.
### Un ralentissement plus marqué qu’anticipé par les marchés
Le consensus publié par MarketWatch faisait état d’une prévision moyenne de 75.000 créations de postes pour le mois écoulé. Les données effectives, dévoilées par l’enquête conjointe d’ADP et des laboratoires de Stanford, font état de 44.000 emplois créés. Cet écart de 31.000 postes entre les projections et la réalité traduit une dégradation plus rapide que supposée des conditions d’embauche dans le secteur privé. Le chiffre de juin, déjà en net repli, avait enregistré 98.000 créations, un niveau qui apparaît rétrospectivement comme un seuil avant une chute plus sévère. Les économistes suivent de près cet indicateur, car il permet de prendre le pouls du marché du travail en amont de la publication officielle des chiffres de l’emploi, attendue vendredi 7 août.
### Des disparités sectorielles marquées
La ventilation sectorielle de cette enquête mensuelle révèle des dynamiques contrastées. Les secteurs de l’éducation et de la santé demeurent les principaux pourvoyeurs d’emplois, avec 36.000 recrutements enregistrés sur le mois. À l’opposé, l’hôtellerie-restauration a subi une perte nette de 11.000 postes, et ce malgré un calendrier encore porté par la tenue de la Coupe du monde de football, disputée principalement sur le sol américain. Ce paradoxe interroge sur la vigueur réelle de la consommation de services sur la période. Le secteur industriel, pour sa part, affiche une progression modeste de 2.000 embauches. Ces éléments, issus de l’enquête ADP/Stanford Labs, apportent un éclairage partiel mais utile sur la composition de la croissance de l’emploi, avant les données officielles du Bureau of Labor Statistics.
### Des salaires en hausse pour les changements de poste
Autre enseignement de cette enquête : la dynamique salariale reste favorable aux mobilités professionnelles. Les salariés ayant changé d’employeur au cours des douze derniers mois ont bénéficié d’une augmentation moyenne de 7% de leur revenu, un niveau qui n’avait plus été observé depuis près d’un an. Ceux qui sont restés dans leur poste ont obtenu une revalorisation plus mesurée, de 4,4% en moyenne. Cet écart de 2,6 points souligne l’avantage financier lié à la mobilité dans un marché du travail en recomposition. Il reflète également les tensions persistantes sur certains profils de candidats, que les entreprises tentent d’attirer par des offres salariales plus agressives.
### Un indicateur sous surveillance avant les chiffres officiels
Si l’enquête ADP/Stanford Labs constitue un baromètre apprécié des marchés, elle n’en demeure pas moins un indicateur à spectre réduit, comme le rappellent les observateurs. Son périmètre, limité au secteur privé, ne capture qu’une partie de la réalité de l’emploi américain. La publication officielle du département du Travail, prévue vendredi 7 août, sera donc scrutée avec une attention particulière pour confirmer ou nuancer cette tendance. Un nouveau chiffre décevant pourrait raviver les inquiétudes sur la robustesse du marché du travail américain et peser sur les anticipations de politique monétaire de la Réserve fédérale. Les prochains jours s’annoncent décisifs pour évaluer la trajectoire économique des États-Unis au second semestre.