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Les îles Kouriles, cet archipel stratégique en Extrême-Orient, que se disputent Russes et Japonais depuis le 19e siècle

Une · · Par Claire BERNARD

Les îles Kouriles, cet archipel stratégique en Extrême-Orient, que se disputent Russes et Japonais depuis le 19e siècle

L’archipel des Kouriles, chaîne volcanique s’étirant sur 1 100 kilomètres entre la péninsule russe du Kamtchatka et l’île japonaise d’Hokkaido, cristallise l’un

L’archipel des Kouriles, chaîne volcanique s’étirant sur 1 100 kilomètres entre la péninsule russe du Kamtchatka et l’île japonaise d’Hokkaido, cristallise l’un des plus anciens contentieux territoriaux d’Extrême-Orient. Selon des informations rapportées par *Le Figaro*, le président russe Vladimir Poutine a effectué son premier voyage d’État dans ces îles, une visite qualifiée de « totalement inacceptable » par la première ministre japonaise et ayant suscité une « protestation vigoureuse » du ministre des affaires étrangères nippon. ## Un contentieux hérité de la Seconde Guerre mondiale Le différend oppose Moscou et Tokyo depuis la fin du conflit mondial, lorsque l’Union soviétique a annexé ces territoires au lendemain de la conférence de Yalta. Les quatre îles principales — Kounachir, Habomai, Chikotan et Itouroup — sont considérées par le Japon comme « une partie inhérente » de son territoire national, qui les désigne officiellement sous l’appellation de « territoires du Nord ». Depuis soixante-dix-sept ans, les autorités nippones contestent à la Russie la propriété de ces terres, sans qu’aucun traité de paix n’ait pu être signé entre les deux nations à l’issue de la guerre. L’archipel, qui compte près de 20 000 citoyens russes, revêt une importance stratégique considérable pour Moscou. Sa position en mer d’Okhotsk offre à la marine russe un accès direct aux routes maritimes du Pacifique, tandis que la zone constitue une zone de déploiement avancée pour la flotte du Pacifique. Le président Poutine, qui a observé des exercices militaires dans la région de Sakhaline, semble ainsi rappeler les cartes dont il dispose dans ce dossier gelé depuis des décennies. ## Une visite aux implications diplomatiques majeures La première visite d’État de Vladimir Poutine dans les Kouriles intervient dans un contexte régional particulièrement tendu. Selon l’article publié par *Le Figaro*, la réaction de Tokyo ne s’est pas fait attendre : la première ministre japonaise a jugé ce déplacement « totalement inacceptable », tandis que le chef de la diplomatie nippone a exprimé une protestation formelle. Ces déclarations traduisent la sensibilité extrême de ce dossier pour le gouvernement japonais, qui maintient sa revendication malgré l’occupation russe effective des lieux. Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de rivalités régionales, où la Russie cherche à consolider sa présence en Extrême-Orient face aux ambitions chinoises et à la présence militaire américaine au Japon. Les déclarations officielles russes, rapportées par le quotidien français, laissent entendre que Moscou considère ces territoires comme définitivement acquis, une position qui contraste avec les espoirs de dialogue nourris par certains cercles diplomatiques japonais. ## Des perspectives de règlement toujours incertaines Les tentatives de rapprochement entre les deux pays sur cette question ont régulièrement échoué par le passé. Les négociations menées dans les années 1990 et 2000, qui avaient semblé un temps pouvoir aboutir à un compromis sur le retour de deux des quatre îles au Japon, n’ont jamais abouti. La position russe s’est durcie ces dernières années, Moscou conditionnant tout dialogue à la reconnaissance préalable de sa souveraineté sur l’ensemble de l’archipel. L’issue de ce conflit territorial semble d’autant plus incertaine que les discussions bilatérales n’ont pas permis de signer un traité de paix définitif depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La visite présidentielle russe pourrait toutefois relancer, paradoxalement, une forme de dialogue contraint entre les deux capitales, chacune cherchant à éviter une escalade militaire dans une zone déjà fortement militarisée. Reste que, selon les informations disponibles, aucun calendrier de négociation n’a été évoqué depuis ce déplacement, laissant planer le doute sur la capacité des deux pays à surmonter un différend vieux de plusieurs décennies.