Les gouvernements d’Emmanuel Macron ont-ils vraiment supprimé 10.000 postes d’enseignants, comme l’affirme LFI ?

## Une affirmation politique à l’épreuve des chiffres officiels Depuis plusieurs jours, une formule circule avec insistance dans les rangs de La France insoumis
## Une affirmation politique à l’épreuve des chiffres officiels
Depuis plusieurs jours, une formule circule avec insistance dans les rangs de La France insoumise : « Emmanuel Macron a supprimé 10.000 postes d’enseignants. » Reprise tour à tour par Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard, Manon Aubry ou Mathilde Panot, l’affirmation intervient dans un contexte de mobilisation lycéenne et enseignante, marqué par des blocages quotidiens depuis la mi-septembre et quatre journées de manifestations d’ampleur. Selon les informations rapportées par Le Figaro dans son article du 8 octobre, la réalité chiffrée mérite un examen détaillé.
## Ce que recouvre le chiffre avancé par LFI
Interrogé par Le Figaro, un cadre du parti insoumis précise que le nombre de 10.000 correspondrait « au nombre de postes supprimés dans le second degré public ». Cette précision est essentielle : elle circonscrit le périmètre à l’enseignement secondaire, et non à l’ensemble du système éducatif. La période de référence, elle, s’étendrait sur les neuf années écoulées depuis le début du premier mandat d’Emmanuel Macron, en 2017. Les Insoumis rattachent ainsi cette évolution à la politique éducative conduite sous les ministères de Jean-Michel Blanquer notamment, puis de ses successeurs.
## Des données officielles plus nuancées
D’après les chiffres officiels cités par Le Figaro, la lecture de l’évolution des effectifs enseignants s’avère plus complexe qu’une simple soustraction. Les variations dépendent des cycles concernés — premier ou second degré —, des statuts — titulaires, contractuels, stagiaires — et des années de référence retenues. En effet, certaines périodes ont enregistré des créations de postes, tandis que d’autres ont connu des suppressions, dans un mouvement qui ne se résume pas à une trajectoire linéaire. Toutefois, la comparaison directe entre le début et la fin de la période reste sensible aux effets démographiques, notamment à la baisse du nombre d’élèves dans certains territoires.
## Un enjeu politique au-delà des chiffres
Cependant, le débat ne se réduit pas à une querelle arithmétique. Pour les syndicats enseignants et les élus insoumis, ces évolutions traduiraient une dégradation des conditions d’enseignement, avec des classes plus chargées et un recours accru aux contractuels. Par ailleurs, le contexte actuel de pénurie de professeurs dans plusieurs disciplines ravive la sensibilité du sujet. D’après des sources syndicales, les difficultés de recrutement observées depuis plusieurs années pourraient amplifier le sentiment de dégradation, indépendamment des seuls chiffres de postes.
## Une vérification qui reste ouverte
En définitive, l’affirmation de LFI selon laquelle 10.000 postes d’enseignants auraient été supprimés sous les gouvernements d’Emmanuel Macron semble reposer sur un périmètre précis — le second degré public — dont la comptabilisation exacte dépend des sources et des années retenues. Selon les données officielles rapportées par Le Figaro, la réalité apparaîtrait plus contrastée qu’une suppression nette et uniforme. Le débat pourrait toutefois se poursuivre tant que les méthodologies de calcul ne seront pas explicitées par les différentes parties, notamment à l’approche des prochaines échéances budgétaires consacrées à l’Éducation nationale.