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Les fêtes rue Gazan, les excès, la présidentielle, son accident de moto… Gérard Lanvin raconte son "frère" Coluche, 40 ans après sa mort

Une · · Par Claire BERNARD

Les fêtes rue Gazan, les excès, la présidentielle, son accident de moto… Gérard Lanvin raconte son

# Les fêtes rue Gazan, les excès, la présidentielle, son accident de moto… Gérard Lanvin raconte son "frère" Coluche, 40 ans après sa mort Quarante ans après la

# Les fêtes rue Gazan, les excès, la présidentielle, son accident de moto… Gérard Lanvin raconte son "frère" Coluche, 40 ans après sa mort Quarante ans après la disparition de Michel Colucci, dit Coluche, survenue le 19 juin 1986 sur une route des Alpes-Maritimes, l'acteur Gérard Lanvin, l'une des personnalités les plus proches de l'humoriste, revient sur leur amitié indéfectible dans un entretien accordé à nos confrères de *Midi Libre*. Installé aujourd'hui au Maroc, le comédien de 74 ans a accepté de se livrer sur celui qu'il considérait comme un "frère", évoquant les nuits de fête rue Gazan, les excès d'une époque révolue, la candidature surprise à la présidentielle de 1981 et l'accident de moto qui a failli coûter la vie à Coluche avant celui qui lui sera fatal. ## Une amitié née dans le tumulte des nuits parisiennes Gérard Lanvin et Coluche se rencontrent au début des années 1970, dans le bouillonnement du café-théâtre et des nuits parisiennes. Leur complicité est immédiate, presque fraternelle. Selon les souvenirs rapportés par l'acteur à *Midi Libre*, il a même longtemps vécu chez l'humoriste, rue Gazan, dans le 14e arrondissement de Paris. Cette adresse, devenue mythique, était le théâtre de fêtes incessantes où se croisaient artistes, intellectuels et marginaux. "C'était une époque de liberté totale, de folie douce", confie Gérard Lanvin, évoquant ces nuits où Coluche, déjà star montante du one-man-show, improvisait jusqu'à l'aube. L'appartement servait de QG à une bande soudée, où l'alcool et la fumée coulaient à flots, dans une ambiance que l'acteur décrit comme "créative mais destructrice". ## Les excès d'une génération sans limites Loin du folklore, Gérard Lanvin ne masque pas la face sombre de cette période. Les excès, notamment la cocaïne et l'alcool, étaient monnaie courante dans ce milieu où la fête ne s'arrêtait jamais. "On se brûlait la vie par les deux bouts", reconnaît-il dans l'entretien, sans pour autant tomber dans le misérabilisme. Coluche, personnage public à la fois adoré et craint pour son franc-parler, incarnait cette démesure. L'acteur souligne toutefois que, derrière le clown triste, se cachait un homme d'une lucidité rare sur lui-même et sur la société. "Il savait qu'il allait trop loin, mais il ne pouvait pas s'arrêter", analyse Lanvin, qui a lui-même connu des années de lutte contre ses propres démons avant de s'installer au Maroc pour trouver une forme de sérénité. ## La candidature à la présidentielle : un coup de tonnerre politique Parmi les souvenirs marquants que Gérard Lanvin partage avec *Midi Libre*, la candidature de Coluche à l'élection présidentielle de 1981 occupe une place centrale. Annoncée sur un ton provocateur sur les ondes d'Europe 1, cette "candidature" avait pour but de dénoncer le système politique jugé verrouillé. "Il voulait faire un pied de nez à tout le monde, mais il avait aussi une vraie conscience politique", explique l'acteur. Coluche, qui recueillait alors jusqu'à 16 % d'intentions de vote dans certains sondages, avait fini par se retirer, non sans avoir semé le trouble dans une classe politique qui le prenait pour un simple farceur. Gérard Lanvin insiste sur la sincérité de cette démarche : "Il n'était pas un rigolo. Il voyait les injustices et voulait les dénoncer, à sa manière." ## L'accident de moto : un avant-goût de la tragédie Le 19 juin 1986, Coluche trouve la mort dans un accident de moto sur une route départementale près de Grasse, percuté par un camion. Mais, comme le rappelle Gérard Lanvin, ce n'était pas la première fois que la mort frôlait l'humoriste. Quelques années plus tôt, il avait été victime d'un grave accident de moto qui aurait pu lui être fatal. "Il avait déjà eu un accident violent, il avait été blessé sérieusement", confie l'acteur, qui se souvient des séquelles physiques et morales laissées par cet épisode. Coluche, passionné de moto, n'avait pourtant jamais cessé de rouler. "C'était son truc, sa liberté. Mais ça l'a tué", ajoute Lanvin, la voix empreinte d'une tristesse qui ne s'est jamais vraiment estompée. Quarante ans plus tard, le souvenir de celui qui fut un "frère" reste intact, entre tendresse et mélancolie.