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Les factures d'électricité augmenteront bien de 2,5% en août

Economie · · Par Julie MOREAU

Les factures d'électricité augmenteront bien de 2,5% en août

Les factures d’électricité des ménages français augmenteront bien de 2,5 % au 1er août 2025, comme l’a confirmé la Commission de régulation de l’énergie (CRE) d

Les factures d’électricité des ménages français augmenteront bien de 2,5 % au 1er août 2025, comme l’a confirmé la Commission de régulation de l’énergie (CRE) dans un avis publié ce mercredi. Cette hausse, inférieure à l’inflation et aux prévisions initiales qui tablaient sur une augmentation de 5 à 10 %, intervient après plusieurs mois de débats entre le gouvernement, les fournisseurs d’énergie et les associations de consommateurs. Selon les calculs de la CRE, un ménage type consommant environ 4 500 kWh par an verra sa facture annuelle augmenter de près de 45 euros, portant la dépense moyenne à environ 1 850 euros. ## Les mécanismes derrière la hausse des tarifs réglementés L’augmentation de 2,5 % concerne exclusivement les tarifs réglementés de vente d’électricité (TRVE), qui couvrent environ 22 millions de foyers français, soit près de 70 % des consommateurs résidentiels. Cette décision s’appuie sur la formule de calcul prévue par le code de l’énergie, qui intègre notamment l’évolution des coûts de production, d’acheminement et de commercialisation. La CRE précise que cette hausse est principalement due à la remontée progressive des prix sur le marché de gros de l’électricité, qui avait connu une accalmie en 2024 après le pic de 2023. En effet, les prix spot sur le marché européen (EPEX Spot) ont augmenté de 15 % en moyenne sur le premier semestre 2025 par rapport à la même période en 2024, atteignant environ 85 euros par mégawattheure. Cette tendance reflète la reprise de la demande industrielle et les tensions sur les capacités de production nucléaire, encore partiellement en maintenance. ## Un impact modéré pour les ménages mais des disparités régionales Si la hausse moyenne nationale est de 2,5 %, l’impact réel varie selon la zone géographique et le type de contrat. Les ménages bénéficiant d’un tarif heures pleines/heures creuses subiront une augmentation plus marquée sur la partie heures pleines, estimée à 3,1 %, tandis que la partie heures creuses n’augmentera que de 1,8 %. Les régions où la part du nucléaire dans le mix électrique est plus faible, comme la Bretagne ou la région Paca, pourraient voir des hausses légèrement supérieures en raison des coûts d’acheminement plus élevés. Selon les données de l’Observatoire national des factures d’énergie, un foyer breton moyen pourrait voir sa facture grimper de 2,8 %, soit environ 52 euros par an. En revanche, les régions bénéficiant d’une production locale abondante, comme l’Île-de-France ou les Hauts-de-France, resteraient proches de la moyenne nationale. ## Les réactions des acteurs du secteur et des associations de consommateurs Les associations de consommateurs, notamment l’UFC-Que Choisir, ont immédiatement réagi en dénonçant une « hausse injustifiée » dans un contexte où les prix de l’électricité sur les marchés de gros restent inférieurs de 30 % à leur niveau de 2022. « Le gouvernement aurait dû utiliser les marges de manœuvre offertes par le bouclier tarifaire pour lisser cette augmentation sur plusieurs mois », a déclaré le porte-parole de l’association. De son côté, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a estimé que cette hausse était « nécessaire pour financer la transition énergétique et les investissements dans les réseaux ». EDF, principal fournisseur d’électricité en France, a indiqué dans un communiqué que cette augmentation « reflète la réalité des coûts supportés par l’entreprise », tout en rappelant que le tarif réglementé reste inférieur de 15 % au prix moyen pratiqué dans l’Union européenne. ## Perspectives et enjeux pour les mois à venir Cette hausse de 2,5 % intervient alors que le gouvernement prépare la sortie progressive du bouclier tarifaire, mis en place en 2022 pour protéger les ménages de l’explosion des prix de l’énergie. Selon les projections de la CRE, une nouvelle augmentation de l’ordre de 3 à 4 % pourrait intervenir en février 2026, si les prix de gros se maintiennent à leur niveau actuel. Les experts estiment que la facture d’électricité des ménages français pourrait ainsi augmenter de 8 à 10 % sur l’ensemble de l’année 2025-2026. Parallèlement, le gouvernement travaille sur un mécanisme de « tarif social de l’électricité » pour les ménages les plus modestes, dont les modalités doivent être précisées dans le projet de loi de finances pour 2026. En attendant, les consommateurs sont invités à comparer les offres des fournisseurs alternatifs, qui pourraient proposer des prix plus compétitifs que les tarifs réglementés.