Les Experts de l'immo : Rénovation énergétique, le bilan à mi-année - 23/06

Rénovation énergétique : un bilan à mi-année contrasté pour le marché immobilier Le 23 juin dernier, l’émission « Les Experts de l’immo » sur BFM Business, anim
Rénovation énergétique : un bilan à mi-année contrasté pour le marché immobilier
Le 23 juin dernier, l’émission « Les Experts de l’immo » sur BFM Business, animée par Marie Coeurderoy, a dressé un état des lieux de la rénovation énergétique à mi-année 2024. Alors que les propriétaires et investisseurs s’interrogent sur l’impact des nouvelles réglementations, le bilan qui se dessine mêle avancées tangibles et défis persistants, notamment en matière de financement et de montée en compétence des artisans.
Un cadre réglementaire qui accélère les travaux
Depuis le début de l’année, les obligations liées à la performance énergétique des logements se sont durcies. La loi Climat et Résilience, qui impose un calendrier de sortie des passoires thermiques (classées F ou G au DPE), pousse de nombreux propriétaires à agir. Selon les experts interrogés dans l’émission, les demandes de diagnostics et de devis pour des travaux d’isolation ou de changement de chauffage auraient bondi de près de 30 % au premier semestre par rapport à la même période en 2023. Toutefois, ce chiffre doit être nuancé : une partie de cette hausse proviendrait de propriétaires souhaitant anticiper l’interdiction de location des logements classés G, effective dès 2025.
Des aides financières encore sous-exploitées
Malgré l’essor des dispositifs publics comme MaPrimeRénov’, le bilan à mi-année révèle des disparités. Le guichet unique France Rénov’, censé simplifier les démarches, aurait enregistré un nombre de dossiers déposés en hausse de 15 %, mais le taux de concrétisation des projets stagnerait autour de 60 %. Les experts de l’émission pointent du doigt la complexité des critères d’éligibilité et les délais d’instruction, qui freineraient les ménages les plus modestes. Par ailleurs, le recours aux certificats d’économies d’énergie (CEE) reste inégal selon les régions, avec des disparités notables entre les zones urbaines et rurales.
Un marché de l’artisanat sous tension
La rénovation énergétique bute également sur un goulot d’étranglement côté offre. Les professionnels du bâtiment, bien que de plus en plus nombreux à se former aux normes Re2020, peinent à répondre à la demande. Les délais d’intervention pour des chantiers d’ampleur (isolation par l’extérieur, pompes à chaleur) atteindraient en moyenne 4 à 6 mois dans certaines métropoles, selon les témoignages recueillis par Marie Coeurderoy. Cette situation alimente une inflation des coûts : le prix des matériaux isolants aurait grimpé de 8 % sur un an, tandis que la main-d’œuvre qualifiée se fait plus rare.
Des conséquences sur les prix de l’immobilier
À mi-année, l’impact de la rénovation énergétique sur la valeur des biens commence à se mesurer. Les experts de l’émission notent une décorrélation croissante entre les logements performants (classés A, B ou C) et les passoires thermiques. Ces dernières verraient leur prix de vente baisser de 10 à 15 % en moyenne, tandis que les biens rénovés bénéficieraient d’une prime de 5 à 8 %. Cette tendance, si elle se confirme, pourrait redessiner la carte des investissements locatifs, notamment dans les zones tendues où les locataires sont de plus en plus sensibles aux étiquettes énergétiques.
Perspectives pour le second semestre
Alors que 2024 avance, les intervenants de l’émission se montrent prudents mais optimistes. La mise en place d’un nouveau prêt avance rénovation, couplé à une simplification annoncée des aides, pourrait relancer les chantiers. Cependant, le manque de main-d’œuvre et la hausse des coûts restent des freins majeurs. Le bilan à mi-année de la rénovation énergétique confirme une dynamique positive, mais souligne la nécessité d’un accompagnement accru des ménages pour atteindre les objectifs de neutralité carbone fixés pour 2050. Les prochains mois seront décisifs pour vérifier si les politiques publiques parviennent à transformer l’essai.