Onyx Infos

Les Experts de l'immo : Logement étudiant, forte tension sur le marché - 02/06

Economie · · Par Julie MOREAU

Les Experts de l'immo : Logement étudiant, forte tension sur le marché - 02/06

Le marché du logement étudiant connaît une tension croissante, comme l’a souligné l’émission Les Experts de l’immo diffusée le 2 juin sur BFM Business. Alors qu

Le marché du logement étudiant connaît une tension croissante, comme l’a souligné l’émission *Les Experts de l’immo* diffusée le 2 juin sur BFM Business. Alors que la rentrée universitaire approche, l’offre peine à répondre à une demande soutenue, exacerbée par la hausse des loyers et la raréfaction des biens disponibles dans les grandes villes françaises. Ce déséquilibre structurel interroge les investisseurs, les familles et les pouvoirs publics sur les solutions à envisager pour loger les 2,7 millions d’étudiants du pays. ## Un marché sous pression depuis plusieurs années Le logement étudiant n’a jamais été un secteur facile, mais la situation actuelle semble particulièrement tendue. Selon les experts intervenus sur BFM Business, le nombre de studios et de colocations disponibles dans les zones universitaires a chuté de près de 15 % entre 2020 et 2025, tandis que les effectifs étudiants ont augmenté de 8 % sur la même période. Cette inadéquation entre l’offre et la demande se traduit par une flambée des prix : à Paris, le loyer moyen d’un studio étudiant atteint désormais 850 euros par mois, soit une hausse de 12 % en cinq ans. Dans des villes comme Lyon, Bordeaux ou Toulouse, les augmentations oscillent entre 8 % et 10 %, rendant l’accès au logement de plus en plus difficile pour les bourses modestes. Les experts pointent également la transformation du parc immobilier : de nombreux propriétaires préfèrent convertir leurs petits appartements en locations saisonnières via des plateformes comme Airbnb, ce qui retire du marché des logements dédiés aux étudiants. Cette tendance, observée depuis la fin de la pandémie, contribue à réduire l’offre locative classique et à accentuer la concurrence. Par ailleurs, la construction de résidences étudiantes neuves n’a pas suivi le rythme de la demande, avec seulement 8 000 nouvelles places livrées en 2024, contre un besoin estimé à 25 000 par an par les fédérations étudiantes. ## Des solutions en débat Face à cette crise, plusieurs pistes sont évoquées par les intervenants de l’émission. D’une part, le développement de colocations solidaires ou intergénérationnelles pourrait offrir une alternative moins coûteuse, mais ces formules restent marginales. D’autre part, les investisseurs institutionnels sont appelés à se tourner davantage vers le logement étudiant, perçu comme un placement rentable à long terme, avec des rendements locatifs nets de 4 % à 6 % dans les villes de taille moyenne. Toutefois, les contraintes réglementaires et la hausse des coûts de construction freinent les projets. Les pouvoirs publics ne sont pas en reste : certaines municipalités, comme Rennes ou Montpellier, ont mis en place des dispositifs de plafonnement des loyers ou des aides à la rénovation de logements vétustes. Pourtant, ces mesures restent insuffisantes pour inverser la tendance. Les experts estiment qu’un véritable choc d’offre serait nécessaire, passant par une simplification des permis de construire et des incitations fiscales pour les propriétaires bailleurs. En attendant, les étudiants doivent souvent se contenter de logements éloignés des campus, allongeant leurs temps de transport et leurs dépenses. ## Une perspective incertaine La tension sur le marché du logement étudiant ne devrait pas s’apaiser à court terme. Avec une rentrée universitaire 2025 qui s’annonce chargée, les experts de BFM Business prévoient une nouvelle hausse des loyers de l’ordre de 3 % à 5 % dans les métropoles les plus attractives. Les familles aux revenus intermédiaires pourraient être les plus touchées, coincées entre des aides au logement qui stagnent et des prix qui grimpent. Pour les investisseurs, le secteur reste porteur, mais à condition de cibler des marchés de niche, comme les résidences étudiantes haut de gamme ou les logements en périphérie des grandes villes. En définitive, le logement étudiant illustre les fragilités du marché immobilier français, où la demande structurelle dépasse largement l’offre disponible. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’efficacité des politiques locales et l’engagement des acteurs privés. Si rien ne change, la crise pourrait s’aggraver, poussant une partie des étudiants à renoncer à leurs études faute de solution de logement abordable. Une situation que les experts suivront de près, comme en témoigne le débat animé du 2 juin sur BFM Business.