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Les États-Unis refusent de renouveler l'ACEUM, l'accord de libre-échange nord-américain

Monde · · Par Claire BERNARD

Les États-Unis refusent de renouveler l'ACEUM, l'accord de libre-échange nord-américain

L'ACEUM ne sera pas renouvelé : les États-Unis imposent une révision annuelle de l'accord de libre-échange nord-américain L'accord États-Unis-Mexique-Canada (AC

L'ACEUM ne sera pas renouvelé : les États-Unis imposent une révision annuelle de l'accord de libre-échange nord-américain

L'accord États-Unis-Mexique-Canada (ACEUM), entré en vigueur en juillet 2020 pour succéder à l'Accord de libre-échange nord-américain (Alena), n'a pas été reconduit dans sa forme initiale avant la date butoir du mercredi 1er juillet. Selon des informations rapportées par RFI, l'administration américaine a refusé de renouveler le traité tel quel, lui préférant un mécanisme de révisions annuelles étalé sur une décennie. Cette décision, qui pourrait redessiner les équilibres commerciaux en Amérique du Nord, intervient alors que de nouvelles discussions sont attendues dans les prochaines semaines entre les trois partenaires.

Un refus américain qui bouscule le calendrier commercial

La décision de ne pas renouveler l'ACEUM dans sa configuration actuelle a été officialisée le 1er juillet, date butoir fixée par les clauses de révision du traité. D'après des sources gouvernementales citées par RFI, les États-Unis ont justifié ce choix par la nécessité d'adapter l'accord aux évolutions économiques et aux nouvelles priorités industrielles américaines. Le Mexique et le Canada, qui espéraient une reconduction sans heurt, se trouvent désormais face à un processus de renégociation annuelle. Ce dispositif, qui s'étendra sur dix ans, pourrait introduire une instabilité régulière dans les chaînes d'approvisionnement régionales, notamment dans les secteurs automobile, agricole et énergétique. Les discussions à venir, annoncées pour les prochaines semaines, devraient permettre de préciser les modalités de ces révisions.

Un héritage complexe de l'Alena

L'ACEUM avait été négocié sous la première administration Trump pour remplacer l'Alena, en vigueur depuis 1994. Ce dernier avait profondément intégré les économies des trois pays, mais avait également suscité des critiques sur les délocalisations et les déséquilibres commerciaux. Selon un rapport de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), l'ACEUM avait notamment renforcé les règles d'origine pour l'industrie automobile, exigeant que 75 % des composants d'un véhicule soient fabriqués en Amérique du Nord pour bénéficier de l'exemption de droits de douane. Ce seuil, jugé contraignant par certains constructeurs, pourrait faire l'objet de révisions lors des prochaines discussions. Par ailleurs, le mécanisme de révision annuelle, bien que prévu dans le texte initial, n'avait jamais été activé de manière aussi précoce. Les observateurs économiques estiment que cette décision américaine pourrait refléter une volonté de maintenir une pression constante sur ses partenaires.

Des implications pour les chaînes d'approvisionnement et l'emploi

La décision de Washington pourrait avoir des répercussions concrètes sur les échanges commerciaux entre les trois pays. En 2022, le commerce total au sein de l'ACEUM représentait environ 1 500 milliards de dollars, selon des données de l'Office of the United States Trade Representative. Le Mexique et le Canada, qui dépendent fortement du marché américain, pourraient être contraints de réévaluer leurs stratégies d'exportation. Les secteurs les plus exposés incluent l'agroalimentaire, où les produits mexicains comme l'avocat ou les tomates pourraient faire l'objet de nouvelles barrières tarifaires, ainsi que l'industrie automobile transfrontalière, qui emploie des centaines de milliers de travailleurs. Selon des analystes cités par RFI, les révisions annuelles pourraient également affecter les investissements étrangers, les entreprises hésitant à s'engager dans des projets de long terme sans garanties réglementaires stables. Toutefois, certains experts estiment que ce mécanisme pourrait offrir une flexibilité bienvenue pour répondre aux crises économiques ou sanitaires.

Vers une renégociation sous tension

Les prochaines semaines s'annoncent cruciales pour l'avenir de l'accord. Les trois gouvernements devront trouver un terrain d'entente sur les modalités des révisions annuelles, tout en gérant les sensibilités politiques internes. Au Canada, le gouvernement de Justin Trudeau a exprimé sa déception, tout en se disant prêt à négocier. Au Mexique, le président Andrés Manuel López Obrador a appelé à une « relation de respect mutuel » entre partenaires. Cependant, les positions américaines, marquées par une approche protectionniste persistante, pourraient compliquer les échanges. La question de l'inclusion de nouvelles clauses environnementales ou sociales, évoquée par certains parlementaires américains, pourrait également émerger comme un point de friction. Dans ce contexte, l'avenir de l'intégration nord-américaine semble plus incertain que jamais, alors que les chaînes d'approvisionnement mondiales sont déjà mises à l'épreuve par les tensions géopolitiques et les transitions énergétiques.