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LES ÉCLAIREURS - 67% des Français estiment que leur pouvoir d'achat a baissé ses derniers mois (Elabe)

Economie · · Par Julie MOREAU

LES ÉCLAIREURS - 67% des Français estiment que leur pouvoir d'achat a baissé ses derniers mois (Elabe)

## Pouvoir d'achat : deux Français sur trois disent avoir subi une baisse, selon Elabe Selon une enquête de l'institut Elabe diffusée par BFM Business, 67 % des

## Pouvoir d'achat : deux Français sur trois disent avoir subi une baisse, selon Elabe Selon une enquête de l'institut Elabe diffusée par BFM Business, 67 % des Français estiment que leur pouvoir d'achat a reculé au cours des derniers mois. Ce chiffre, qui traduit un sentiment largement majoritaire, s'inscrit dans une séquence où la question du coût de la vie domine le débat public et alimente une grogne croissante. ## Une colère qui progresse de cinq points en trois semaines Le baromètre Elabe met en évidence une dégradation rapide du moral des ménages. La colère et l'exaspération liées à la vie chère ont progressé de cinq points en seulement trois semaines, selon la même source. Cette dynamique suggère que le ressenti ne se stabilise pas, mais qu'il se durcit à mesure que les dépenses contraintes pèsent sur les budgets. Le sujet s'installe ainsi durablement en tête des préoccupations, devant les questions de sécurité ou d'environnement, et bouscule l'agenda politique. ## Carburants, énergie, alimentation : les postes sous tension Le contexte fourni par BFM Business illustre les points de friction concrets. Le prix du gaz a atteint son plus haut niveau depuis janvier 2023, un signal fort pour les ménages qui se chauffent au gaz. Sur les carburants, l'exécutif a pour l'instant fermé la porte à une baisse de la fiscalité, tandis que des voix politiques réclament des aides ciblées. La grande distribution et les prix à la pompe cristallisent les tensions, certains responsables politiques estimant que des acteurs profitent de la situation économique. Ces débats traduisent une difficulté à trouver des réponses rapides et consensuelles. ## Des arbitrages visibles dans le quotidien La pression sur le pouvoir d'achat se lit aussi dans les comportements. Les étudiants se ruent sur les repas à un euro proposés par le Crous, signe que les arbitrages budgétaires touchent désormais des publics variés. Par ailleurs, l'écart salarial persistant entre femmes et hommes — 21,8 % dans le secteur privé — rappelle que les inégalités de revenus restent un facteur structurel de fragilité. La question énergétique s'ajoute à cette équation, entre volonté d'électrification pour assurer la souveraineté nationale et inquiétudes sur la dépendance aux approvisionnements extérieurs, notamment à l'uranium russe. ## Un enjeu politique et social Le chiffre de 67 % place le pouvoir d'achat au cœur des attentes citoyennes. Il nourrit un climat social tendu, comme en témoignent les mobilisations et les prises de parole sur la vie chère. Pour l'exécutif, l'enjeu consiste à apporter des réponses perçues comme efficaces sans creuser les finances publiques, dans un contexte où les propositions les plus radicales — comme l'annulation de la dette publique — sont jugées « fantaisistes » par certains économistes. La crédibilité des mesures annoncées dépendra largement de leur effet ressenti sur les factures et les tickets de caisse. Le sentiment de baisse du pouvoir d'achat, majoritaire et en progression, constitue donc un indicateur politique autant qu'économique. Sa persistance, au-delà des seuls chiffres d'inflation, pourrait peser durablement sur le débat public et sur la confiance accordée aux responsables.