Les droits de douane de Trump c'était pour réindustrialiser l'Amérique: le "boom" se fait attendre, les investissements dans les nouvelles usines sont même 27% plus bas... que sous Biden

# Droits de douane de Trump : la réindustrialisation américaine patine, les investissements dans les usines chutent de 27% Malgré les droits de douane imposés p
# Droits de douane de Trump : la réindustrialisation américaine patine, les investissements dans les usines chutent de 27%
Malgré les droits de douane imposés par Donald Trump et les annonces tonitruantes d'investissements sur le sol américain, la promesse d'un "regain fulgurant" de l'industrie manufacturière tarde à se concrétiser. Les dernières données du Bureau du recensement américain (USCB) révèlent même une tendance inverse : les dépenses allouées à la construction de nouvelles usines ont chuté de 27% par rapport au pic enregistré sous l'administration Biden en octobre 2024. Un constat qui interroge sur l'efficacité réelle de la politique protectionniste du locataire de la Maison-Blanche.
## Des dépenses en berne depuis l'investiture de Trump
En avril 2025, les dépenses consacrées à la construction de nouvelles usines aux États-Unis se situaient autour de 15 milliards de dollars, selon les chiffres du Bureau du recensement. Ce montant représente une baisse de 16% par rapport à janvier 2025, date à laquelle Donald Trump a prêté serment pour son second mandat. Plus frappant encore, ce niveau est inférieur de 27% à celui d'octobre 2024, qui constituait le point culminant de la vague d'investissements observée sous la présidence de Joe Biden. La politique industrielle de ce dernier, notamment via le CHIPS Act et l'Inflation Reduction Act, avait en effet stimulé massivement les investissements dans les usines de semi-conducteurs et les technologies vertes. La décrue actuelle s'expliquerait en partie par un ralentissement des dépenses dans ce secteur stratégique.
## Des acteurs économiques sceptiques face à la stratégie douanière
Les témoignages recueillis par le Financial Times auprès de professionnels du secteur viennent renforcer ce constat. "De notre point de vue, nous ne constatons aucun signe de renaissance du secteur manufacturier aux États-Unis", a tranché la directrice générale de Global Location Strategies, société qui accompagne les entreprises dans l'implantation de leurs sites industriels. Un avis partagé par la patronne de la compagnie ferroviaire BNSF, qui confie n'avoir "pas constaté de reprise significative de la capacité de production à ce jour". Cette dernière attribue ce marasme à l'incertitude générée par la politique commerciale erratique du président américain. "Je pense que cela empêche une partie des capitaux d'être investis", juge-t-elle, pointant du doigt un climat d'affaires devenu difficile à anticiper pour les industriels.
## Une part du secteur manufacturier qui stagne dans l'économie
Les indicateurs macroéconomiques ne sont guère plus encourageants. "La part du secteur manufacturier dans l'économie n'a pas encore rebondi", selon les données disponibles. Si Donald Trump peut mettre en avant une récente hausse des commandes et de la production industrielle, ces signaux restent trop faibles pour confirmer un véritable décollage. L'objectif affiché de réindustrialisation massive, censé ramener des millions d'emplois et réduire la dépendance américaine aux chaînes d'approvisionnement étrangères, semble se heurter à la réalité des marchés. Les droits de douane, censés protéger l'industrie nationale, pourraient en réalité freiner les investissements en créant une volatilité réglementaire dissuasive pour les capitaux à long terme.
## Un bilan en demi-teinte pour la Maison-Blanche
Alors que l'administration Trump mise sur un protectionnisme agressif pour redynamiser le tissu industriel américain, les chiffres actuels dessinent un bilan contrasté. La promesse d'un "boom" manufacturier, martelée par la Maison-Blanche, se heurte à une réalité économique plus complexe. L'incertitude liée aux droits de douane, couplée à une baisse des dépenses dans des secteurs clés comme les semi-conducteurs, freine l'élan nécessaire à une réindustrialisation durable. Si la production industrielle montre quelques signes de reprise, les investissements dans les nouvelles capacités de production – indicateur avancé de la santé du secteur – restent orientés à la baisse. Le pari trumpiste d'une renaissance industrielle par la barrière douanière semble, pour l'heure, loin d'être gagné.