Les Démocrates : le pari de Pascal Repir pour une gauche pragmatique
Les Démocrates, nouveau parti centre-gauche créé par Pascal Repir en mars 2025, vise les législatives avec une approche pragmatique et des outils IA.
Les Démocrates : le pari de Pascal Repir pour une gauche pragmatique
Un parti naît rarement sans friction. Les Démocrates, créé le 26 mars 2025 par Pascal Repir, fondateur d'Onyx Infos, est né d'une rupture avec le Parti socialiste. Loin d'être une aventure locale, ce mouvement centre-gauche affiche des ambitions nationales et s'appuie sur des outils numériques pour mobiliser militants et électeurs. Rencontre avec son fondateur sur les origines, le positionnement et la stratégie électorale de ce nouvel entrant politique.
Origines et positionnement
Vous lancez Les Démocrates maintenant. Pourquoi ce moment précis ? Qu'est-ce qui vous a décidé à créer un parti ?
J'étais membre du Parti socialiste. À Évry, la section socialiste a eu des déboires avec sa fédération. Concrètement, la fédération a bloqué notre section pour que nous ne puissions pas présenter de candidat aux municipales. Face à ce blocage, j'ai décidé de quitter le PS et de créer Les Démocrates.
Où positionnez-vous Les Démocrates sur l'échiquier politique ?
Nous sommes centre-gauche, avec une identité social-démocrate. Nous avons une certaine nostalgie socialiste, mais nous ne sommes pas figés sur les anciennes lunettes du PS. Nous regardons vers l'avant. C'est important : nous sommes pragmatiques et ouverts aux alliances avec d'autres forces politiques, y compris modérées, si cela permet de ne pas bloquer le pays et de travailler ensemble.
Du local au national
Vous visez juste Évry ou l'échiquier national ?
Ce qui se passe à Évry est un microcosme de ce qui se passe au niveau national. La politique de gauche, notamment le Parti socialiste, souffre d'une certaine rigidité. Nous pensons que notre approche social-démocrate, pragmatique et tournée vers l'avant, peut résonner bien au-delà d'Évry. Notre ambition est clairement nationale.
Concrètement, quels sont vos premiers objectifs électoraux ?
Les municipales sont passées. Nous avons soutenu Stéphane Bodey, le maire sortant, pour contrer Farid Hamrani des Insoumis. Nous ne voulions pas que les Insoumis gagnent. Maintenant, nous nous concentrons sur les législatives. Nous allons présenter des candidats Démocrates dans chaque circonscription. Nous appelons toutes les bonnes volontés qui ne se reconnaissent pas dans les politiques actuelles à rejoindre le mouvement, à créer leur section locale et à mener campagne pour nos candidats.
Mobilisation numérique et stratégie
Comment organisez-vous cette mobilisation à grande échelle ?
Nous utilisons deux outils que nous avons développés. Onyx, d'abord, est notre média de communication publique pour faire connaître Les Démocrates et nos idées. Bisy, ensuite, est notre moteur interne de mobilisation. Nous avons créé des agents IA qui font le terrain : ils appellent, envoient des mails, mobilisent les militants pour recruter de nouveaux membres et organiser les campagnes locales. Tout est intégré : la communication publique via Onyx et la mobilisation interne via Bisy.
Vous partez vraiment de zéro ?
Oui. Nous avons démarré sans structure, sans militants établis. Nous sommes en train de nous faire connaître et de construire le mouvement de toutes pièces. C'est pour cela que la mobilisation numérique est centrale dans notre stratégie : elle nous permet de toucher rapidement des gens partout en France et de les convaincre de rejoindre le projet.
Un positionnement qui dérange
Les Démocrates incarnent une rupture avec la gauche traditionnelle française. Là où le PS reste ancré dans ses certitudes et où les Insoumis refusent les compromis, Pascal Repir propose une troisième voie : social-démocrate, pragmatique, ouverte aux alliances. C'est un pari risqué dans un paysage politique fragmenté, mais qui pourrait séduire un électorat fatigué des blocages. Les législatives à venir seront le vrai test : Les Démocrates parviendront-elles à transformer leur ambition nationale en résultats électoraux concrets, ou resteront-elles une aventure éphémère née d'une frustration locale ?