Les compagnies aériennes paient un lourd tribut à la guerre en Iran

# Les compagnies aériennes face à une chute historique de leurs profits en raison du conflit iranien La flambée du prix du kérosène et les perturbations de l'es
# Les compagnies aériennes face à une chute historique de leurs profits en raison du conflit iranien
La flambée du prix du kérosène et les perturbations de l'espace aérien au Moyen-Orient plongent le secteur aérien dans une crise financière inédite depuis la pandémie de Covid-19. Selon des informations rapportées par *Le Figaro* le 7 juin 2026, les compagnies membres de l'Association du transport aérien international (Iata) s'attendent à voir leur rentabilité divisée par deux cette année, conséquence directe de la guerre en Iran et de ses répercussions économiques régionales.
## Un impact financier majeur pour le transport aérien mondial
### Des perspectives financières brutalement revues à la baisse
Réunie en congrès à Rio de Janeiro, l'Iata, qui représente 85 % du trafic mondial, a livré des prévisions particulièrement sombres pour l'exercice 2026. Willie Walsh, directeur général de l'organisation, a expliqué que « les perturbations au Moyen-Orient dues à la guerre et la hausse des coûts des carburants ont fait virer les perspectives pour les compagnies aériennes dans le mauvais sens ». Cette déclaration, rapportée par *Le Figaro*, confirme que le secteur n'avait pas connu de telles turbulences depuis la crise sanitaire mondiale qui avait contraint l'ensemble de la flotte mondiale au sol.
Selon les données présentées lors de ce congrès, les compagnies aériennes membres de l'Iata devraient transporter cette année 5,1 milliards de passagers, soit une augmentation de 2,4 % par rapport à l'année précédente. Cette progression de la demande ne suffira toutefois pas à compenser l'explosion des coûts opérationnels, notamment ceux liés au kérosène, dont le prix a grimpé de manière spectaculaire depuis le début du conflit iranien.
### La flambée du kérosène comme principal facteur de déstabilisation
L'élément central de cette crise réside dans l'augmentation vertigineuse du prix du carburant aéronautique. Le kérosène représente traditionnellement entre 20 % et 30 % des coûts d'exploitation d'une compagnie aérienne, mais cette proportion pourrait avoir considérablement augmenté avec la flambée des cours du pétrole brut liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Les compagnies se trouvent ainsi confrontées à un dilemme économique : répercuter ces hausses sur le prix des billets, au risque de freiner la demande, ou absorber une partie de ces surcoûts en rognant sur leurs marges déjà fragiles.
D'après les informations du *Figaro*, les soubresauts géopolitiques et la hausse du prix des billets d'avion ne dissuadent pas encore les particuliers et les entreprises de voyager. Cette résistance de la demande pourrait toutefois s'essouffler si les tarifs continuaient d'augmenter, créant un effet de ciseaux particulièrement dangereux pour la rentabilité du secteur.
## Des perturbations opérationnelles étendues
### Un espace aérien bouleversé par le conflit
Au-delà de l'aspect purement financier, la guerre en Iran entraîne des perturbations majeures dans l'organisation des vols. Les compagnies aériennes doivent composer avec des espaces aériens fermés ou dangereux, des itinéraires de contournement allongeant les temps de vol et, par conséquent, la consommation de carburant. Ces contraintes opérationnelles s'ajoutent aux difficultés économiques et pourraient conduire à une réduction significative des destinations proposées vers et depuis le Moyen-Orient.
Les transporteurs aériens, déjà éprouvés par la crise sanitaire, se trouvent ainsi pris dans un cercle vicieux : les surcoûts liés aux détours imposés par la zone de conflit augmentent encore la facture carburant, tandis que l'incertitude géopolitique complique toute planification à moyen terme. Cette situation pourrait, selon plusieurs analystes, accélérer la consolidation du secteur, les compagnies les plus fragiles peinant à absorber ces chocs successifs.
### Une reprise post-Covid compromise
La crise actuelle intervient alors que le transport aérien mondial commençait tout juste à retrouver des niveaux de trafic comparables à ceux d'avant la pandémie. Les 5,1 milliards de passagers prévus pour 2026, bien qu'en progression, restent encore inférieurs aux projections initiales qui tablaient sur une croissance plus soutenue. La double peine infligée par le Covid puis par le conflit iranien illustre la vulnérabilité structurelle d'un secteur particulièrement exposé aux chocs exogènes.
Les compagnies aériennes, qui avaient massivement recouru à l'endettement pour survivre à la pandémie, se retrouvent aujourd'hui avec des bilans fragilisés et une marge de manœuvre réduite pour faire face à cette nouvelle crise. La réduction de moitié des profits annoncée par l'Iata pourrait ainsi n'être qu'un premier avertissement, si le conflit venait à s'étendre ou à se prolonger.