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Les combattants africains de Poutine pris au piège en Ukraine : le récit de l’envoyée spéciale du Figaro

Une · · Par Claire BERNARD

Les combattants africains de Poutine pris au piège en Ukraine : le récit de l’envoyée spéciale du Figaro

Depuis plusieurs mois, le conflit ukrainien révèle une facette méconnue de la mobilisation russe : celle d'hommes originaires d'Afrique subsaharienne, recrutés

Depuis plusieurs mois, le conflit ukrainien révèle une facette méconnue de la mobilisation russe : celle d'hommes originaires d'Afrique subsaharienne, recrutés sous de faux prétextes et jetés dans les combats. Un reportage du Figaro, publié le 17 août 2026 et réalisé par la journaliste Elisabeth Pierson près de Lviv, relate le sort de ces combattants pris au piège, ni réclamés par Moscou ni soutenus par leurs pays d'origine. ## Des recrutements fondés sur la tromperie Selon les informations rapportées par Le Figaro, ces hommes auraient été attirés en Russie par des offres trompeuses, souvent liées à des achats de matériel ou à des promesses d'emploi. Le cas de Philipp, un ancien graphiste ghanéen âgé d'une trentaine d'années, illustre ce mécanisme. D'après le récit de l'envoyée spéciale, il aurait repéré sur un site ghanéen de vente entre particuliers une imprimante rare et à bon prix, dont le vendeur insistait pour qu'il vienne la récupérer personnellement en Russie. N'ayant jamais pris l'avion, Philipp y aurait vu l'occasion d'une première échappée. Deux semaines après son arrivée sur le territoire russe, il se serait retrouvé enrôlé dans l'armée. Après huit mois passés dans une caserne, il aurait été projeté sur le front de Zaporijjia, en Ukraine. Il se serait rendu aux forces ukrainiennes moins de 48 heures après son arrivée sur la ligne de contact, selon le témoignage recueilli par la journaliste. ## Une situation juridique et humanitaire précaire Le camp de prisonniers situé à l'ouest de l'Ukraine, où sont détenus ces combattants, accueille notamment Dousseh, 27 ans, originaire du Togo, photographié aux côtés de codétenus par Albert Lores pour Le Figaro. Ces hommes partagent une inquiétude commune : celle de tomber dans l'oubli. En effet, la Russie ne les réclamerait pas officiellement, et leurs pays d'origine ne sembleraient pas non plus entreprendre de démarches actives pour leur rapatriement. Cette situation soulève des questions quant au statut juridique de ces prisonniers. Ne bénéficiant ni de la protection diplomatique de leur pays d'origine ni d'une reconnaissance claire par la Russie comme ses ressortissants ou mercenaires, ils se trouveraient dans un vide juridique préoccupant. Les conventions de Genève relatives au traitement des prisonniers de guerre pourraient s'appliquer, mais leur mise en œuvre effective dépendrait de la volonté des parties prenantes. ## Un phénomène qui interroge les routes migratoires Ce reportage met en lumière des mécanismes de recrutement qui sembleraient s'appuyer sur des réseaux de trafic d'êtres humains ou d'exploitation de la précarité économique. Les profils évoqués par Le Figaro correspondent à des hommes jeunes, souvent sans expérience militaire, issus de pays où les opportunités économiques sont limitées. La promesse d'un gain matériel ou d'une meilleure vie servirait de levier pour les amener sur le territoire russe avant leur incorporation forcée. Les autorités ukrainiennes, qui gèrent ces camps, devraient selon toute vraisemblance traiter ces cas avec attention, d'autant que la question des échanges de prisonniers reste un enjeu central dans les négociations entre Kiev et Moscou. Toutefois, le faible intérêt stratégique que représenteraient ces combattants africains pour la Russie pourrait les maintenir dans une situation prolongée d'incertitude. ## Une guerre qui élargit son spectre géographique Ce phénomène témoigne de la dimension désormais globale du conflit ukrainien, où des ressortissants de pays tiers, parfois éloignés des enjeux européens, se retrouvent malgré eux projetés au cœur des combats. Les récits de ces prisonniers, recueillis par la presse occidentale, pourraient inciter les gouvernements africains à renforcer leur vigilance face à ces filières de recrutement. Alors que le front semble évoluer et que les discussions diplomatiques se poursuivent, le sort de ces hommes demeure incertain. Leur présence dans les camps ukrainiens pose la question de leur avenir : rapatriement, échange ou maintien en détention prolongée. Les semaines à venir pourraient apporter des éléments de réponse, selon l'évolution des négociations entre les belligérants et l'implication éventuelle des pays d'origine de ces combattants.