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Les collectivités dénoncent "une potion amère" de plus de 5 milliards d'effort budgétaire, soit 10% de la contribution totale de 54 milliards d'euros demandée par le gouvernement

Economie · · Par Julie MOREAU

Les collectivités dénoncent

## Les collectivités dénoncent une « potion amère » de 5,4 milliards d'euros Les collectivités locales ont vivement critiqué, mercredi soir, l'effort budgétaire

## Les collectivités dénoncent une « potion amère » de 5,4 milliards d'euros Les collectivités locales ont vivement critiqué, mercredi soir, l'effort budgétaire qui leur est demandé par le gouvernement. Selon les documents présentés lors du Comité des finances locales (CFL), communes, intercommunalités, régions et départements devront participer à hauteur de 5,4 milliards d'euros à l'effort global de 54 milliards d'euros annoncé par l'exécutif, soit environ 10 % de la contribution totale. Une ponction que les élus locaux jugent disproportionnée et susceptible de bloquer l'investissement local. ## Un effort présenté à la veille du budget L'annonce a été faite au Comité des finances locales, instance qui rassemble les représentants des différentes strates de collectivités. Françoise Gatel, ministre chargée de la Décentralisation et de l'Aménagement du territoire, et David Amiel, ministre des Comptes publics, y ont présenté les mesures visant les collectivités, à la veille de la présentation du budget. Le Premier ministre a par ailleurs évoqué, mercredi, le risque d'une crise financière liée à des taux d'intérêt record, un argument destiné à justifier l'ampleur de l'effort demandé à l'ensemble des administrations publiques. ## Jean-François Debat dénonce un effort « disproportionné » À l'issue de la réunion, Jean-François Debat, maire PS de Bourg-en-Bresse et président du CFL, qui porte la voix de toutes les collectivités, a déploré un effort « disproportionné » et « abusif ». « Pour que l'effort demandé aux collectivités territoriales ait un impact positif, il faut qu'il soit supportable globalement », a-t-il déclaré, redoutant « des effets contre-productifs qui annihileront l'impact attendu sur la dette publique ». Il a confirmé le chiffre de 5,4 milliards d'euros, tout en se montrant ouvert au dialogue : « J'ai entendu les ministres dire qu'il pouvait y avoir des ajustements. Je compte sur ce dialogue, il est nécessaire parce que cette copie doit évoluer. » ## Un précédent qui invite à la prudence L'argument des collectivités s'appuie sur un précédent récent. En 2026, l'effort qui leur avait finalement été demandé s'était établi à 2 milliards d'euros, contre plus de 4,7 milliards annoncés au début du débat budgétaire. Autrement dit, l'écart entre l'annonce initiale et la ponction effective avait été considérable. Les élus locaux espèrent qu'un ajustement similaire pourra intervenir cette fois encore, alors que les mesures précises n'ont pas toutes été détaillées publiquement. ## Le blocage de l'investissement en ligne de mire Au-delà du montant, c'est la nature de l'effort qui inquiète. Les collectivités redoutent que cette contribution, si elle est maintenue en l'état, ne « les mette à genoux » et ne bloque l'investissement local. Or, celui-ci constitue un levier important de l'activité économique dans les territoires, notamment dans le bâtiment et les travaux publics. Plusieurs associations d'élus locaux devraient se prononcer dans les jours à venir, alors que le débat budgétaire ne fait que commencer. La négociation s'annonce donc serrée entre l'exécutif, soucieux de réduire le déficit public, et des collectivités qui estiment déjà porter une part excessive de l'ajustement. Le montant définitif de leur contribution pourrait, comme en 2026, être revu à la baisse au fil des discussions parlementaires.