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Les banques ne le veulent pas mais la BCE insiste car elle craint Donald Trump: le projet d'euro est finalement approuvé par les eurodéputés de la commission des finances

Economie · · Par Julie MOREAU

Les banques ne le veulent pas mais la BCE insiste car elle craint Donald Trump: le projet d'euro est finalement approuvé par les eurodéputés de la commission des finances

# L’euro numérique franchit une étape clé au Parlement européen, la BCE obtient un soutien décisif Le projet d’euro numérique, porté par la Banque centrale euro

# L’euro numérique franchit une étape clé au Parlement européen, la BCE obtient un soutien décisif Le projet d’euro numérique, porté par la Banque centrale européenne (BCE) depuis six ans, a reçu un feu vert politique majeur ce mardi. La commission des affaires économiques du Parlement européen a approuvé le règlement encadrant ce nouveau moyen de paiement électronique, dans un contexte de tensions commerciales croissantes avec les États-Unis et de craintes liées au retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Ce vote marque une avancée significative pour un projet qui suscite des réticences persistantes de la part du secteur bancaire. ## Un outil pour réduire la dépendance aux géants américains des paiements L’euro numérique se présente comme un portefeuille électronique garanti par la banque centrale, mais commercialisé par des banques ou des entreprises de technologie financière. Il permettra à tous les résidents de la zone euro d’effectuer des paiements en ligne et en personne. Selon le projet de règlement adopté, « l’introduction de l’euro numérique permettrait de réduire la dépendance excessive vis-à-vis des prestataires non européens en devenant un moyen de paiement paneuropéen ». Il s’agit d’une réponse directe à la domination des réseaux Visa et Mastercard, deux sociétés américaines qui contrôlent une part prépondérante des transactions par carte dans l’Union européenne. La BCE craint que les États-Unis ne se servent un jour de cette suprématie comme d’une arme, dans un contexte où Donald Trump a déjà imposé des droits de douane à des partenaires commerciaux de longue date, dont l’Union européenne. Cette approbation intervient après trois ans de bras de fer entre la BCE et les banques commerciales. Ces dernières redoutaient des sorties de dépôts massives et une perte de revenus liée aux commissions sur les transactions. Elles cherchaient à limiter la portée du projet, mais la pression géopolitique a accéléré le processus. ## Un calendrier vers un déploiement à grande échelle en 2029 Siegbert Frank Droese, membre du groupe politique au Parlement européen, a souligné l’importance de ce vote dans un contexte de relations transatlantiques tendues. Le projet de règlement précise que l’euro numérique « ferait entrer la monnaie unique dans l’ère numérique en donnant aux citoyens de l’Union la liberté de choisir de payer avec de la monnaie de banque centrale dans leurs transactions quotidiennes ». La BCE envisage désormais un lancement à grande échelle à l’horizon 2029, après une phase de tests techniques et de déploiement progressif auprès des établissements financiers et des commerçants. Ce calendrier, bien que lointain, reflète la complexité technique et réglementaire d’un tel projet. L’euro numérique ne remplacera pas les espèces, mais offrira une alternative numérique sécurisée, directement adossée à la banque centrale, contrairement aux cryptomonnaies privées comme le Bitcoin. Ce vote de la commission des affaires économiques doit encore être confirmé en session plénière du Parlement européen, avant d’être négocié avec le Conseil de l’Union européenne représentant les États membres. ## Un enjeu de souveraineté monétaire face aux incertitudes américaines L’approbation de ce mardi constitue une étape politique cruciale, mais le chemin reste semé d’embûches. Les banques, qui devront intégrer cet euro numérique dans leurs offres, continuent de s’inquiéter de l’impact sur leurs modèles économiques. La BCE devra également convaincre les citoyens de l’utilité de ce nouvel outil, dans un environnement où les paiements numériques existants sont déjà largement utilisés. L’enjeu dépasse toutefois la simple commodité : il s’agit de souveraineté monétaire et de réduction de la dépendance stratégique vis-à-vis des États-Unis, dans un climat géopolitique rendu plus imprévisible par le retour de Donald Trump à la présidence américaine. L’euro numérique pourrait devenir un instrument clé pour préserver l’autonomie de la zone euro face à d’éventuelles pressions économiques ou financières extérieures. Le débat parlementaire à venir en plénière sera suivi de près par les marchés financiers et les banques centrales internationales, qui observent ce projet pionnier comme un possible modèle pour d’autres grandes monnaies.