"Les appels ont été multipliés par 10 avec la guerre en Iran" : spécialisée dans la construction de bunkers, cette société nîmoise croule sous la demande

Face aux tensions au Moyen-Orient, le marché des abris antiatomiques explose à Nîmes Alors que les tensions géopolitiques s’intensifient à l’échelle mondiale, u
Face aux tensions au Moyen-Orient, le marché des abris antiatomiques explose à Nîmes
Alors que les tensions géopolitiques s’intensifient à l’échelle mondiale, une société nîmoise spécialisée dans la construction de bunkers affirme connaître une augmentation sans précédent de sa clientèle. Selon des informations rapportées par nos confrères de Midi Libre, l’entreprise France Bunker, basée à Nîmes, aurait vu le nombre d’appels de particuliers et d’entreprises être multiplié par dix depuis le début du conflit en Iran. Cette hausse spectaculaire interroge sur les angoisses sécuritaires contemporaines et l’émergence d’un marché de la protection individuelle face aux risques de conflits armés.
Une demande décuplée en quelques semaines
Le dirigeant de France Bunker, contacté par Midi Libre, aurait confirmé une « explosion » des demandes, en particulier depuis l’escalade militaire au Proche-Orient. « Les appels ont été multipliés par 10 avec la guerre en Iran », aurait-il déclaré, sans toutefois fournir de chiffres précis sur le nombre de contrats signés. Cette augmentation ne concernerait pas uniquement les particuliers fortunés, mais également des collectivités locales et des entreprises souhaitant sécuriser leurs infrastructures critiques. L’entreprise, qui conçoit et installe des abris souterrains capables de résister à des explosions conventionnelles, chimiques ou nucléaires, aurait dû renforcer ses équipes commerciales pour faire face à l’afflux de sollicitations.
Un marché porté par l’anxiété géopolitique
Ce phénomène ne serait pas isolé. Selon des observateurs du secteur, la demande de bunkers aurait connu une recrudescence significative dans plusieurs pays occidentaux depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Le conflit en Iran, bien que géographiquement distant, semblerait raviver des craintes liées à une possible escalade nucléaire ou à des frappes de missiles. France Bunker, qui propose des modèles allant de l’abri de jardin renforcé à des installations souterraines de plusieurs dizaines de mètres carrés, verrait ainsi sa clientèle s’élargir à des profils plus diversifiés, allant au-delà des « survivalistes » traditionnels. L’entreprise aurait également noté un intérêt croissant pour les équipements de filtration d’air et de stockage de provisions.
Des implications économiques et sociétales
Cette ruée vers les abris antiatomiques soulève plusieurs questions. D’un point de vue économique, elle pourrait profiter à un secteur de niche, mais également alimenter un marché parallèle de constructions non réglementées. En France, la législation sur les abris antiatomiques reste floue, et aucune norme nationale n’impose leur construction pour les particuliers. D’après des sources gouvernementales, aucune directive n’encadre spécifiquement ce type d’installation, laissant les entreprises comme France Bunker opérer dans un vide juridique. Par ailleurs, ce phénomène traduirait une perte de confiance dans les dispositifs de protection collective, comme les plans d’alerte ou les abris publics, au profit d’une logique de sécurité individuelle.
Une tendance qui pourrait s’accentuer
Si la demande actuelle semble motivée par des événements précis, elle pourrait perdurer si les tensions internationales persistent. France Bunker, qui revendique une expertise de plusieurs décennies dans la conception d’abris, aurait déjà anticipé une augmentation de sa capacité de production. Toutefois, le dirigeant aurait tempéré cet enthousiasme en rappelant que la construction d’un bunker reste un investissement conséquent, souvent compris entre 30 000 et 100 000 euros, et que tous les appels ne se concrétisent pas en commandes. À l’heure où la sécurité est devenue une préoccupation majeure pour une partie de la population, cette société nîmoise illustre les mutations d’un marché en plein essor.