« Les Américains nous laissent seuls avec le chaos » : le peuple iranien, grand perdant de la guerre de Donald Trump

Le peuple iranien, otage d'un accord qui le livre à la répression Alors que les caméras du monde entier étaient braquées, le 18 juin 2026, sur la signature du p
Le peuple iranien, otage d'un accord qui le livre à la répression
Alors que les caméras du monde entier étaient braquées, le 18 juin 2026, sur la signature du protocole d'accord en 14 points entre les États-Unis et la République islamique, censé mettre un terme à des mois de conflit ouvert, une autre scène se déroulait dans l'ombre à Qom. Selon un récit de notre consœur Delphine Minoui, publié par Le Figaro le 24 juin 2026, le tribunal pénal de la ville sainte condamnait ce jour-là la chanteuse Parastoo Ahmadi et sept autres artistes à 74 coups de fouets pour « atteinte à la pudeur ». Cette double actualité illustre, pour de nombreux observateurs, le paradoxe tragique d'une paix qui pourrait bien se faire au détriment du peuple iranien, abandonné à la répression d'un régime que Donald Trump, pourtant, avait promis de libérer.
Un protocole de paix aux accents d'abandon
Le protocole d'accord signé entre Washington et Téhéran, dont les détails précis n'ont pas été intégralement divulgués, semble avoir pour conséquence première de consolider le pouvoir en place. Selon les informations rapportées par Le Figaro, cet accord « livre les Iraniens à la répression d’un régime renforcé par le président américain ». Ce constat, amer, est partagé par une partie de la diaspora et des analystes : la stratégie de « pression maximale » de Donald Trump, qui visait officiellement à affaiblir le régime, aurait abouti, par un effet de balancier, à un renforcement de celui-ci. La promesse d'une libération du peuple iranien, martelée durant la campagne électorale américaine, semble aujourd'hui s'évanouir face à la réalité géopolitique. Les Iraniens, pris en étau entre les sanctions américaines et la répression interne, pourraient bien être les grands perdants de ce conflit.
Le symbole Parastoo Ahmadi : une répression qui ne faiblit pas
L'affaire Parastoo Ahmadi, dont la condamnation est intervenue le jour même de la signature de l'accord, est un signal fort adressé à la société civile iranienne. En décembre 2024, la musicienne aux longs cheveux bruns avait défié les autorités en enregistrant un concert clandestin. Dans cette vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux avec plusieurs millions de vues, elle chantait, retirait son voile et portait une robe cintrée, bravant ainsi les normes légales et religieuses imposées par la République islamique. Son arrestation et sa condamnation à 74 coups de fouets, ainsi que celles de ses sept compagnons artistes, montrent que la machine répressive du régime n'a pas été désamorcée par l'accord de paix. Au contraire, ce verdict sévère pourrait être interprété comme une démonstration de force du pouvoir judiciaire, soucieux de rappeler que les « lignes rouges » du régime restent infranchissables, même en pleine période de négociations internationales.
Un peuple laissé seul face au chaos
Le cri de désespoir « Les Américains nous laissent seuls avec le chaos », rapporté par Le Figaro, résonne comme un écho de la rue iranienne. Après des mois de guerre, de bombardements et de tensions extrêmes, la perspective d'une paix négociée sans garanties pour les droits humains fondamentaux est perçue comme une trahison par une partie de la population. Le régime, renforcé par cet accord qui légitime son existence aux yeux de la communauté internationale, pourrait redoubler d'ardeur dans sa répression des voix dissidentes, qu'elles soient artistiques, politiques ou sociales. Les Iraniens, qui avaient placé des espoirs dans les promesses de changement venues de l'étranger, se retrouvent aujourd'hui face à un pouvoir conforté et à un avenir incertain. La question demeure : cet accord de paix est-il une étape vers une normalisation ou un marché de dupes qui sacrifie les aspirations démocratiques d'un peuple sur l'autel de la realpolitik ? Les semaines à venir, marquées par l'application des 14 points du protocole, devraient apporter des éléments de réponse.