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« Les Allemands ne prennent pas les Français au sérieux » : comment Friedrich Merz veut privilégier son pays face à ses partenaires européens

Une · · Par Claire BERNARD

« Les Allemands ne prennent pas les Français au sérieux » : comment Friedrich Merz veut privilégier son pays face à ses partenaires européens

Europe : la realpolitik de Friedrich Merz à l’épreuve de ses partenaires L’arrivée de Friedrich Merz à la Chancellerie allemande, le 6 mai 2025, avait été accue

Europe : la realpolitik de Friedrich Merz à l’épreuve de ses partenaires

L’arrivée de Friedrich Merz à la Chancellerie allemande, le 6 mai 2025, avait été accueillie avec un certain soulagement dans les capitales européennes, après des années de cohabitation difficile avec Olaf Scholz. Pourtant, moins d’un an plus tard, le ton semble avoir changé. Selon un article du Figaro publié le 3 août 2026, le chancelier chrétien-démocrate irriterait désormais ses homologues en privilégiant systématiquement les intérêts nationaux allemands, au détriment d’une vision commune européenne.

Une ambition européenne rapidement tempérée

Lors de sa prise de fonction, Friedrich Merz avait pourtant affiché des intentions claires. Deux mois après son entrée en fonction, il déclarait : « Pour moi, renforcer l’Europe le plus rapidement possible est une priorité absolue, afin que nous parvenions, étape par étape, à notre indépendance vis-à-vis des États-Unis. » Cette feuille de route, qui semblait répondre aux attentes des partenaires européens, aurait toutefois été rapidement remise en cause par la pratique du pouvoir.

Selon des informations rapportées par Le Figaro, un diplomate basé à Bruxelles relativise les espoirs initiaux placés dans le nouveau chancelier : « En fait, les espoirs n’étaient pas démesurés : ça ne pouvait pas être pire qu’avec son prédécesseur, Olaf Scholz. » Cette déclaration, rapportée par le correspondant du quotidien français, illustre le niveau d’exigence modeste des partenaires européens à l’égard de Berlin, mais aussi leur déception croissante face à la tournure des événements.

Une déclaration qui a fait l’effet d’une douche froide

Le point de bascule serait survenu en décembre dernier, lors d’un échange entre Friedrich Merz et Donald Trump. Selon le récit du Figaro, le chancelier aurait déclaré au président américain : « Si vous n’y arrivez pas avec l’Europe, faites au moins de l’Allemagne votre partenaire. » Cette sortie, qualifiée de « typique du discours souvent sans fard du chancelier », aurait provoqué une « douche froide » pour ses homologues européens, qui y voient une trahison de l’esprit communautaire.

Cette déclaration intervient dans un contexte où Berlin aurait pourtant entamé ce que certains observateurs décrivent comme une « révolution copernicienne » face aux enjeux géopolitiques. Toutefois, cette nouvelle orientation stratégique semblerait se faire au détriment de la cohésion européenne, Berlin cherchant avant tout à sécuriser ses propres intérêts économiques et sécuritaires, quitte à fragiliser l’unité du continent.

Des relations franco-allemandes sous tension

Les propos attribués à Friedrich Merz n’ont pas manqué de raviver les tensions avec Paris. Selon des sources diplomatiques citées par Le Figaro, les Allemands « ne prennent pas les Français au sérieux », une perception qui expliquerait en partie la volonté du chancelier de privilégier des accords bilatéraux avec Washington plutôt que de négocier au niveau européen. Cette dynamique fragiliserait le couple franco-allemand, traditionnel moteur de l’intégration européenne.

La rencontre entre Emmanuel Macron et Friedrich Merz lors d’un Conseil européen à Bruxelles, le 19 mars 2026, illustrée par une photographie de Gaëtan Claessens, n’aurait pas suffi à apaiser les tensions. Le président français, qui avait fait de la souveraineté européenne l’un de ses axes majeurs, se trouverait désormais face à un partenaire allemand plus enclin à négocier directement avec les États-Unis qu’à construire une position commune européenne.

Une stratégie qui interroge l’avenir de l’Union

Au-delà des relations bilatérales, cette évolution de la politique allemande soulève des questions fondamentales sur l’avenir de l’Union européenne. Si Berlin continue de privilégier ses intérêts nationaux au détriment d’une vision commune, le projet européen pourrait être fragilisé dans un contexte géopolitique déjà tendu. La dépendance européenne à l’égard des États-Unis en matière de sécurité, que Friedrich Merz avait promis de réduire, pourrait en réalité se renforcer, mais de manière bilatérale entre Berlin et Washington.

Les implications de cette stratégie restent à mesurer, tant sur le plan économique que diplomatique. Les partenaires européens, qui avaient placé leurs espoirs dans l’alternance à la Chancellerie, pourraient être contraints de repenser leur approche face à une Allemagne de plus en plus focalisée sur ses propres intérêts. La capacité de l’Union à maintenir une position unie sur la scène internationale dépendra, selon plusieurs observateurs, de sa faculté à composer avec cette nouvelle donne.