Les agents veulent conserver leur généreuse ristourne sur les factures d'électricité et de gaz: la centrale de Flamanville au ralenti en raison d'un mouvement de grève chez EDF

## Flamanville au ralenti : les agents EDF défendent leur « tarif agent » Le réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Flamanville fonctionnait à puissance rédui
## Flamanville au ralenti : les agents EDF défendent leur « tarif agent »
Le réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Flamanville fonctionnait à puissance réduite ce vendredi 11 septembre dans l'après-midi, a confirmé EDF sur son site internet et auprès de l'AFP. En cause, un mouvement de grève mené par quelques agents, en anticipation d'une mobilisation nationale prévue le mardi 15 septembre. Les salariés du groupe entendent protester contre le projet gouvernemental de réduire la ristourne dont ils bénéficient sur leurs factures d'électricité et de gaz, un avantage surnommé le « tarif agent ».
## Une puissance divisée par cinq
Selon les données publiées par EDF, l'unité de production n°2 affichait 260 mégawatts (MW) pour une puissance maximale de 1 300 MW, soit environ 20 % de sa capacité nominale. Le groupe a toutefois tenu à rassurer sur les conséquences immédiates de cette baisse d'activité : « Cette baisse n'a aucun impact sur la sécurité d'approvisionnement du système électrique », a assuré l'électricien à l'AFP.
Le mécanisme de ce ralentissement a été détaillé par Maxence François, coordinateur CGT à la division nucléaire et thermique. Il explique que les agents ont « décidé de baisser la charge sur une tranche et de ne pas découpler l'autre qui devait être découplée aujourd'hui pour partir en maintenance ». Concrètement, la tranche 1, qui devait être mise à l'arrêt pour entretien, ne l'a pas été, tandis que la tranche 2 a fait l'objet d'une réduction volontaire de puissance.
## Quatre syndicats mobilisés pour le 15 septembre
Ce mouvement local s'inscrit dans un cadre plus large. Les quatre fédérations syndicales de l'électricité et du gaz — CGT, CFE-CGC, CFDT et FO — ont déjà déposé un appel à la grève pour la journée du mardi 15 septembre, avec un rassemblement programmé devant le ministère de l'Economie à Paris. Pour Maxence François, l'action observée à Flamanville constitue une « anticipation de la grève » nationale.
Le sujet du « tarif agent » cristallise les tensions depuis plusieurs semaines. Cet avantage en nature permet aux salariés du secteur de bénéficier de tarifs préférentiels sur leur consommation d'énergie, un dispositif dont le coût est estimé à plus de 700 millions d'euros pour la seule année 2024, selon les chiffres avancés dans le débat public. Bercy envisage de raboter ce mécanisme dans le cadre de la recherche d'économies budgétaires.
## Un enjeu budgétaire et social
La question dépasse le seul cadre d'EDF. Elle touche à l'équilibre entre avantages historiques des salariés de l'énergie et réduction des dépenses publiques, dans un contexte où l'exécutif cherche des marges de manœuvre financières. Les syndicats contestent la méthode et défendent un acquis social qu'ils jugent indissociable des contraintes du métier, notamment l'astreinte et la pénibilité propres au secteur nucléaire.
La mobilisation du 15 septembre permettra de mesurer l'ampleur du rapport de force. Si le mouvement de Flamanville reste pour l'instant limité et sans conséquence sur l'alimentation électrique du pays, il illustre la détermination des agents à faire entendre leur voix avant toute décision gouvernementale. La suite dépendra de l'issue des négociations entre les fédérations syndicales et le ministère de l'Economie.