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Les aéroports de Dubaï et Doha durablement affectés par le conflit au Moyen-Orient

Une · · Par Claire BERNARD

Les aéroports de Dubaï et Doha durablement affectés par le conflit au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient et la fermeture prolongée des espaces aériens des pays du Golfe ont durablement fragilisé les hubs aériens de Dubaï et de Doha, tandis

La guerre au Moyen-Orient et la fermeture prolongée des espaces aériens des pays du Golfe ont durablement fragilisé les hubs aériens de Dubaï et de Doha, tandis que leur concurrent turc, Istanbul, capitalise sur cette crise pour accélérer son expansion. Selon un décryptage publié par *Le Figaro* le 26 août 2026, les compagnies Emirates, Etihad et Qatar Airways ont vu leurs appareils cloués au sol pendant plusieurs semaines, offrant un boulevard stratégique à Turkish Airlines. ## Un trafic en chute libre pour les aéroports du Golfe Les infrastructures aéroportuaires de Dubaï et de Doha, directement visées par des tirs de missiles et de drones, ont subi une interruption totale de leurs activités avant de reprendre à un rythme nettement réduit. D'après les données rapportées par *Le Figaro*, l'aéroport de Dubaï a enregistré une baisse de 31,3 % du nombre de passagers au premier semestre, avec un volume de voyageurs passant de 46 à 31,5 millions. Au plus fort du conflit, en mars, la chute avait même atteint 65,7 %, illustrant l'ampleur des perturbations subies par ce hub qui se maintient toutefois en août comme le premier aéroport international au monde, avec 4,5 millions de sièges proposés, malgré une activité en repli de 15 % sur un an. Les compagnies du Moyen-Orient figurent parmi les transporteurs les plus durement touchés par le conflit. L'indicateur du trafic en nombre de passagers au kilomètre, qui mesure le volume d'activité des transporteurs, confirme cette tendance défavorable pour les acteurs régionaux historiques, selon les éléments publiés par le quotidien français. Cette situation contraste avec la dynamique observée du côté de leur concurrent turc. ## Istanbul et Turkish Airlines en position de force La crise ouverte au Moyen-Orient a en effet offert à Turkish Airlines une opportunité de croissance sans précédent. Depuis plusieurs années, les dirigeants de la compagnie nationale turque poursuivent un objectif affirmé : faire d'Istanbul le hub le plus puissant du monde, en reliant l'Occident et l'Orient plus efficacement que ne le font Emirates à Dubaï et Qatar Airways à Doha. La fermeture des espaces aériens des pays du Golfe a mécaniquement redirigé une partie du trafic long-courrier vers la plateforme turque, qui a su absorber cette demande supplémentaire. Cette recomposition du paysage aérien régional s'inscrit dans un contexte plus large de pressions économiques subies par les pays du Golfe. Selon les informations rapportées par *Le Figaro*, la chute du tourisme et les ruptures d'approvisionnement pèsent sur les économies de la région après trois mois de guerre, fragilisant des secteurs clés qui dépendaient largement de la connectivité aérienne offerte par les hubs de Dubaï et de Doha. La capacité d'Istanbul à capitaliser sur cette crise pourrait redessiner durablement les équilibres concurrentiels du transport aérien entre l'Europe, le Moyen-Orient et l'Asie. ## Des perspectives de reprise incertaines La reprise partielle observée ces derniers mois ne semble pas encore avoir restauré la pleine capacité des aéroports du Golfe. Les niveaux de trafic demeurent inférieurs aux standards d'avant-crise, et la confiance des passagers, échaudés par les épisodes de fermeture et les risques sécuritaires, pourrait mettre du temps à se reconstituer. Les compagnies du Golfe devront par ailleurs composer avec un environnement géopolitique toujours instable, susceptible de provoquer de nouvelles interruptions de leurs opérations. La trajectoire de Turkish Airlines, portée par la position géographique d'Istanbul et une stratégie offensive de développement, interroge sur la capacité des hubs historiques du Golfe à retrouver leur suprématie régionale. L'évolution du conflit et la normalisation progressive des espaces aériens détermineront, selon toute vraisemblance, l'issue de cette recomposition concurrentielle qui se joue actuellement dans le ciel du Moyen-Orient.