Les adieux joyeux à l’Opéra de l’étoile Dorothée Gilbert

## Une soirée d'adieux à la mesure d'une carrière C'est une page de l'histoire du ballet français qui s'est tournée, salle Garnier, à Paris. Selon les informati
## Une soirée d'adieux à la mesure d'une carrière
C'est une page de l'histoire du ballet français qui s'est tournée, salle Garnier, à Paris. Selon les informations du *Monde Culture*, l'étoile Dorothée Gilbert a fait ses adieux à la scène de l'Opéra national de Paris à l'issue d'une représentation de *L'Histoire de Manon*, ballet créé en 1974 par le chorégraphe britannique Kenneth MacMillan. Le public, rapporte le quotidien, lui a réservé une ovation de près de trente-cinq minutes.
## Un choix de ballet lourd de sens
Le programme retenu pour cette ultime apparition n'avait rien d'anodin. *L'Histoire de Manon*, d'après l'abbé Prévost, est l'un des rôles les plus exigeants du répertoire dramatique : celui d'une héroïne partagée entre l'amour sincère et la tentation de la richesse, dont la chute conduit à une mort misérable dans les marais de Louisiane. En choisissant cette partition, l'interprète semblait confier au public une dernière figure de femme libre et tragique, loin des rôles purement virtuoses. Le *Monde Culture* souligne que la danseuse avait elle-même arrêté ce choix pour son dernier ballet à Garnier.
## Trente-cinq minutes d'ovation
Les adieux d'une étoile constituent, dans la tradition de l'Opéra de Paris, un rituel à part. Selon la source, les applaudissements et les rappels se sont prolongés pendant près de trente-cinq minutes. Un tel hommage, s'il n'est pas sans précédent dans l'histoire de la maison, témoigne de l'attachement du public à une artiste dont la carrière s'est construite sur plus de deux décennies au sein de la compagnie. Les spectateurs présents ont ainsi pu saluer non seulement une interprète, mais une mémoire vivante du style français.
## Une carrière au long cours
Entrée dans le corps de ballet, Dorothée Gilbert en est devenue l'une des figures majeures, nommée étoile en 2007. Son répertoire, selon les éléments disponibles, couvre aussi bien les grands classiques que les créations contemporaines. Sa longévité sur scène, rare à ce niveau d'exigence physique, illustre la rigueur d'une école française dont elle demeure l'un des visages les plus identifiables à l'international.
## L'après-scène, une question ouverte
Au-delà de l'émotion, ces adieux posent la question de la transmission. Les institutions lyriques et chorégraphiques françaises traversent une période de renouvellement générationnel, et le départ d'une étoile de cette envergure laisse un vide artistique que la jeune garde devra combler. Selon les usages de la maison, les anciennes étoiles demeurent souvent associées à la pédagogie ou à la direction de spectacles.
La soirée du *Monde Culture* restera, elle, comme l'un de ces moments où le public parisien, debout, choisit de retenir un peu plus longtemps celle qui s'en va.