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"Les activités non-essentielles de l'État seront paralysées": Javier Milei veut s’inspirer des États-Unis en décrétant un "shutdown" si le Parlement argentin n’arrive pas à voter un budget à l’équilibre "en quelques semaines"

Economie · · Par Julie MOREAU

Le président argentin Javier Milei a menacé jeudi de paralyser les activités non-essentielles de l'État, s'inspirant directement du mécanisme américain de « shu

Le président argentin Javier Milei a menacé jeudi de paralyser les activités non-essentielles de l'État, s'inspirant directement du mécanisme américain de « shutdown », si le Parlement ne parvenait pas à voter un budget à l'équilibre « en quelques semaines ». Cette annonce, faite lors d'une allocution télévisée, s'accompagne d'un projet de réforme de la Banque centrale (BCRA) visant à interdire tout financement monétaire de l'État, alors que le chef de l'État évoque de plus en plus ouvertement une candidature à sa succession pour la présidentielle d'octobre 2027. ## Un « carcan budgétaire » inspiré du modèle américain Javier Milei a détaillé son intention de soumettre au Parlement un « carcan budgétaire » qui conduirait à un arrêt des activités non-essentielles de l'administration en cas de déficit prolongé. Selon ses déclarations rapportées par BFM Business, le président souhaite que « le Parlement dispose de quelques semaines pour ramener les comptes à l'équilibre », faute de quoi un « shutdown entre automatiquement en vigueur ». Ce mécanisme, directement calqué sur le fonctionnement fédéral des États-Unis, représenterait une novation majeure dans le droit budgétaire argentin, où les crises de financement public ont historiquement été résolues par l'émission monétaire ou l'emprunt forcé. Le chef de l'État a présenté cette réforme comme un garde-fou contre la dérive des comptes publics, dans un pays qui a connu plusieurs défauts de paiement et une inflation chronique élevée. ## La fin programmée du financement monétaire de l'État Au cœur de ce projet figure une refonte de la « charte organique » de la Banque centrale, présentée comme une priorité de la fin de mandat de Javier Milei. Le président a dénoncé « l'escroquerie » de l'émission monétaire, qu'il qualifie de « vol par le politique (...) par la falsification de monnaie pour financer l'État ». La nouvelle loi porterait « l'interdiction catégorique du financement de l'État » via la BCRA, que ce soit pour le Trésor, les provinces ou l'achat de titres publics. Considérant que l'inflation est toujours un « phénomène monétaire », la mission fondamentale de l'institution redeviendrait « préserver la valeur de la monnaie ». Le texte prévoit également de « blinder le président de la Banque centrale et le conseil d'administration contre les abus du pouvoir politique », leur révocation ne pouvant plus intervenir qu'à la majorité des deux tiers des deux chambres du Parlement, contre une simple majorité auparavant. ## Un calendrier politique tendu avant la présidentielle de 2027 Pour l'économiste Daniel Marx, ancien administrateur de la BCRA, cette réforme « cherche plus que tout à réduire le risque lié à la présidentielle » de 2027. Une élection qui, en Argentine, « se manifeste souvent par de fortes fluctuations financières », a-t-il expliqué. En verrouillant l'indépendance de la banque centrale et en imposant un équilibre budgétaire automatique, l'exécutif chercherait à rassurer les marchés financiers et à crédibiliser sa politique de désinflation avant une échéance électorale majeure. Le calendrier parlementaire s'annonce toutefois serré : le gouvernement devra convaincre une opposition fragmentée de voter un budget à l'équilibre dans un délai contraint, sous peine de déclencher le premier « shutdown » de l'histoire argentine. La portée exacte des activités dites « non-essentielles » reste à définir, un point qui pourrait faire l'objet d'âpres négociations dans les semaines à venir.