Les 50 villes les plus chaudes de la planète se trouvent toutes en Inde: face à l'explosion des prix du gaz, le pays fait tourner ses centrales à charbon à plein régime pour faire tourner les climatiseurs

Les cinquante villes les plus chaudes du monde sont toutes situées en Inde, un fait alarmant qui souligne la gravité des défis climatiques auxquels le pays est
Les cinquante villes les plus chaudes du monde sont toutes situées en Inde, un fait alarmant qui souligne la gravité des défis climatiques auxquels le pays est confronté. En avril 2026, alors que les températures atteignent des sommets records, l'Inde intensifie sa production d'électricité à partir de charbon, un choix motivé par la flambée des prix du gaz naturel. Ce phénomène est en grande partie attribué aux perturbations de l'approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) causées par des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Le 27 avril, les températures dans plusieurs villes indiennes ont frôlé les 45 degrés Celsius, entraînant une demande accrue en électricité pour alimenter les climatiseurs et ventilateurs, notamment dans les foyers à faibles revenus. Simultanément, le secteur agricole ressent également cette pression, avec une augmentation de la consommation électrique pour faire fonctionner les pompes d'irrigation nécessaires à l'agriculture.
Production de charbon en forte hausse
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en avril 2026, la production d'électricité à partir du charbon a atteint une moyenne de 164,9 gigawatts, selon S&P Global Energy, en hausse par rapport aux 160,7 gigawatts du mois précédent. Girish Madan, directeur des notations d'entreprises chez Fitch Ratings à Singapour, souligne que "le charbon doit supporter une charge plus importante durant ces mois de pic estival". En effet, seulement 4 % de la capacité de production installée en Inde repose sur le GNL, dont 60 % provient du détroit d'Ormuz. La flambée des prix du GNL a rendu cette source d'énergie de plus en plus non viable, poussant le pays à revenir sur ses engagements climatiques.
Le gouvernement indien se trouve dans une situation délicate. D'un côté, il doit garantir l'approvisionnement énergétique d'une population en pleine croissance ; de l'autre, il doit respecter ses engagements visant à réduire les émissions de CO2. Bien que l'Inde ait des ambitions en matière de durabilité, elle demeure le troisième plus grand émetteur de dioxyde de carbone au monde. Les choix effectués aujourd'hui auront des répercussions non seulement sur le pays, mais aussi sur l'effort mondial pour lutter contre le changement climatique.
Conséquences sur les ménages et l'agriculture
Face à cette chaleur intense, les ménages indiens se tournent vers des solutions énergétiques qui risquent d'aggraver la crise. Les factures d'électricité augmentent, forçant de nombreux foyers à faire des choix difficiles entre le coût de la climatisation et d'autres besoins essentiels. Le secteur agricole, quant à lui, intensifie son recours aux pompes électriques, augmentant la demande sur un réseau déjà surchargé.
Aucune solution simple n'émerge dans ce contexte complexe. Les tensions géopolitiques, en particulier au Moyen-Orient, compliquent davantage la situation énergétique de l'Inde. La guerre en Iran a perturbé l'approvisionnement en GNL, accentuant la nécessité de se tourner vers le charbon, malgré les conséquences environnementales potentiellement désastreuses.
À l'heure actuelle, l'Inde se trouve à un carrefour critique. Les événements des mois à venir détermineront non seulement l'avenir énergétique du pays, mais également son rôle dans la lutte mondiale contre le changement climatique. Les choix effectués aujourd'hui pourraient avoir des répercussions à long terme sur la santé environnementale de la planète.