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Législatives et communales en Guinée: une campagne atone sans participation de toute l'opposition

Monde · · Par Claire BERNARD

Législatives et communales en Guinée: une campagne atone sans participation de toute l'opposition

Guinée : à dix jours du double scrutin, une campagne électorale sans relief et privée d’une partie de l’opposition À moins de dix jours des élections législativ

Guinée : à dix jours du double scrutin, une campagne électorale sans relief et privée d’une partie de l’opposition

À moins de dix jours des élections législatives et communales prévues le dimanche 31 mai, la campagne électorale en Guinée peine à susciter l’enthousiasme. Selon des informations rapportées par RFI, le pouvoir en place a pourtant déployé d’importants moyens logistiques et financiers pour animer cette séquence, dans la foulée de la présidentielle. Mais l’absence d’une grande partie de l’opposition, qui a choisi de boycotter ces scrutins, confère à la campagne un caractère atone et contrasté, alors que ces élections sont présentées comme décisives pour le retour à un ordre constitutionnel stable.

Le double scrutin du 31 mai intervient dans un contexte politique tendu, marqué par une crise de confiance persistante entre les acteurs politiques et les institutions. Si le gouvernement a multiplié les annonces pour garantir le bon déroulement du vote, notamment en matière de sécurité et de logistique électorale, l’absence de participation de plusieurs formations de l’opposition interroge sur la représentativité et la légitimité du futur Parlement et des conseils communaux. D’après des sources concordantes, les principales forces d’opposition, dont certaines avaient déjà contesté les résultats de la présidentielle, considèrent que les conditions d’un scrutin transparent et équitable ne sont pas réunies.

Cette défection a un impact direct sur le climat de la campagne. Sur le terrain, les meetings et les affiches se font plus rares dans plusieurs localités, et l’affichage publicitaire traditionnel laisse place à un silence relatif. Les candidats du camp présidentiel, eux, poursuivent leurs déplacements, mais se heurtent à une faible mobilisation populaire. « La campagne est fade, on ne sent pas cette effervescence qui devrait accompagner des élections aussi importantes », confie un observateur local cité par RFI, sous couvert d’anonymat.

Le pouvoir, de son côté, insiste sur l’importance de ces scrutins pour consolider le processus de retour à l’ordre constitutionnel, après une période de transition politique. Selon des responsables gouvernementaux, la participation de tous les citoyens est essentielle pour garantir la légitimité des institutions issues des urnes. Toutefois, le boycott d’une partie de l’opposition pourrait fragiliser cette ambition, en nourrissant un sentiment de rejet ou de contestation dès l’installation des nouveaux élus.

Par ailleurs, les enjeux de ces élections dépassent le simple cadre électoral. Les législatives et communales sont perçues comme un test de la capacité du pays à organiser des scrutins apaisés et crédibles, après des années de tensions politiques et de crises institutionnelles. L’absence de l’opposition pourrait également compliquer la mise en œuvre de réformes attendues, notamment en matière de gouvernance locale et de décentralisation.

Dans ce contexte, les prochains jours s’annoncent décisifs pour mesurer la mobilisation réelle des électeurs et la capacité des autorités à garantir un scrutin sans incidents majeurs. Si la campagne reste atone, l’issue du vote pourrait, elle, avoir des conséquences durables sur l’équilibre politique guinéen, en renforçant ou en fragilisant la légitimité des institutions à venir.