Le taux de chômage des jeunes a augmenté de 2,5 points en un an: la ministre déléguée Sabrina Roubache assure que "beaucoup d'outils" permettent d'y remédier, comme la voie professionnelle

Le chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a atteint 21,6% au deuxième trimestre, selon les données publiées vendredi par l'Insee. Cette hausse de 0,4 point sur
Le chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a atteint 21,6% au deuxième trimestre, selon les données publiées vendredi par l'Insee. Cette hausse de 0,4 point sur un trimestre et de 2,5 points sur un an marque un rebond significatif. Face à cette tendance, la ministre déléguée chargée de l'Enseignement, de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage, Sabrina Roubache, a assuré mardi sur Europe 1 que le gouvernement dispose de "beaucoup d'outils" pour y remédier, citant notamment la voie professionnelle.
### Une hausse qui interpelle sur l'insertion des jeunes
La progression du taux de chômage des 15-24 ans s'inscrit dans un contexte économique tendu. Les chiffres de l'Insee révèlent également que la part des 16-29 ans sans emploi, formation ou études est restée stable sur le trimestre, à 13,3%, mais a progressé sur un an. Ces statistiques soulèvent des questions sur l'efficacité des dispositifs d'insertion professionnelle existants, alors que la ministre évoque des solutions structurelles.
Sabrina Roubache a notamment défendu le bilan de l'emploi des jeunes depuis 2017, affirmant que "500.000 jeunes en emploi" ont été comptabilisés, un niveau qualifié de "plus haut niveau depuis les années 1990". Elle a également insisté sur le rôle de la voie professionnelle, qu'elle présente comme un levier majeur : "Vous avez la partie scolaire, et la partie en apprentissage, qui est un vrai succès", a-t-elle déclaré.
### L'apprentissage, un dispositif sanctuarisé malgré une baisse
Interrogée sur la diminution du nombre d'apprentis en 2025, la ministre a attribué cette baisse à "la conjoncture", tout en réaffirmant que "les crédits pour l'apprentissage ont été sanctuarisés". Selon elle, "on ne casse pas une politique publique qui marche", une position qui vise à rassurer les acteurs du secteur. Concernant les jeunes en voie professionnelle qui cherchent encore une entreprise à trois semaines de la rentrée, elle a reconnu que "l'on n'est pas tout à fait capables de le dire", tout en rappelant qu'ils disposent de "trois mois à partir du démarrage de votre formation en septembre" pour trouver un employeur.
### Des réponses jugées insuffisantes par certains observateurs
Si la ministre met en avant les dispositifs existants, plusieurs économistes et syndicats de jeunesse pointent un décalage entre les annonces et la réalité du terrain. La hausse de 2,5 points sur un an interroge sur la capacité des politiques publiques à absorber les chocs conjoncturels. Les critiques portent notamment sur le manque de données précises concernant le nombre de jeunes sans solution à la rentrée, un chiffre que la ministre elle-même admet ne pas maîtriser.
### Un enjeu de taille pour la rentrée 2025
Alors que la rentrée scolaire approche, la question de l'insertion professionnelle des jeunes demeure cruciale. Les déclarations de Sabrina Roubache s'inscrivent dans une stratégie de communication gouvernementale visant à rassurer, mais les chiffres de l'Insee rappellent l'ampleur du défi. La sanctuarisation des crédits pour l'apprentissage et la promotion de la voie professionnelle constituent des pistes, mais leur efficacité devra être mesurée dans les prochains trimestres. Les jeunes et leurs familles attendent désormais des réponses concrètes, au-delà des annonces politiques.