Le SP95-E10 était repassé au-dessus de ce seuil symbolique depuis près de trois semaines: le prix de l'essence la plus consommée descend à nouveau sous les 2 euros le litre

Le SP95-E10, carburant le plus utilisé par les automobilistes français, est repassé sous la barre symbolique des 2 euros le litre vendredi, une première depuis
Le SP95-E10, carburant le plus utilisé par les automobilistes français, est repassé sous la barre symbolique des 2 euros le litre vendredi, une première depuis le 19 juillet. Selon une moyenne calculée par l’AFP à partir des données gouvernementales, l’essence se vendait à 1,994 euro le litre à 11h00, en baisse de 0,013 euro par rapport à jeudi. Ce repli intervient après près de trois semaines de hausse continue, qui avait porté le prix au-dessus de ce seuil psychologique dès le 20 juillet.
### Un recul généralisé des prix à la pompe
Le mouvement de baisse ne se limite pas au SP95-E10. Le gazole, carburant le plus consommé en France, s’affichait vendredi à 2,197 euros le litre en moyenne sur 9.615 stations, soit une diminution de plus de 1% sur une semaine (-0,024 euro). De son côté, le SP98 s’établissait à 2,088 euros le litre, en repli de 0,027 euro sur sept jours, une première sous cette barre depuis le 6 juillet. Ces chiffres, qui excluent la Corse et les territoires d’outre-mer, confirment une détente généralisée sur l’ensemble des carburants, après plusieurs semaines de tensions.
Cette évolution s’explique principalement par la chute des cours du pétrole brut en début de semaine. Le baril de Brent est brièvement repassé sous les 80 dollars, après que les États-Unis ont exprimé leur espoir d’un accord rapide pour rouvrir le détroit d’Ormuz, un corridor stratégique pour la distribution pétrolière mondiale. Cette perspective a immédiatement pesé sur les prix, avant une légère remontée liée aux incertitudes persistantes sur la réouverture effective de cette voie clé.
### Un contexte pétrolier toujours marqué par l’instabilité
Malgré ce répit à la pompe, les prix de l’or noir demeurent nettement supérieurs à ceux observés avant le déclenchement du conflit en Ukraine, le 27 février. Les marchés restent volatils, tiraillés entre les craintes d’une offre limitée et les espoirs d’une normalisation des flux. La réouverture du détroit d’Ormuz, par où transite environ un cinquième du pétrole mondial, constitue un enjeu majeur pour l’équilibre des marchés énergétiques.
Pour les consommateurs français, cette baisse, bien que modeste, offre un léger répit après un été marqué par des prix record. Les données publiées sur le site gouvernemental www.prix-carburants.gouv.fr, obligatoire pour les stations depuis 2006, permettent de suivre ces évolutions en temps réel. L’AFP, qui analyse ces informations en libre accès, souligne toutefois que la tendance reste fragile, tributaire des décisions géopolitiques et des fluctuations du marché mondial.
### Un répit fragile pour les automobilistes
La question demeure de savoir si cette détente se confirmera dans les prochaines semaines. Les analystes restent prudents, soulignant que les prix du carburant dépendent étroitement de la géopolitique, notamment de l’issue des négociations sur le détroit d’Ormuz. Si un accord venait à se concrétiser, une poursuite de la baisse serait envisageable. À l’inverse, toute escalade pourrait rapidement ramener les prix au-dessus des seuils récemment franchis. En attendant, les automobilistes français peuvent profiter de ce répit, même s’il reste bien en deçà des niveaux d’avant-crise.