Le socialiste Olivier Faure dénonce «l’indécence» des «surprofits» de TotalEnergies, qu’il veut taxer de 2 milliards
Olivier Faure se fait entendre avec force. Le 30 avril 2026, le premier secrétaire du Parti socialiste a qualifié d’« indécence » les surprofits de TotalEnergie
Olivier Faure se fait entendre avec force. Le 30 avril 2026, le premier secrétaire du Parti socialiste a qualifié d’« indécence » les surprofits de TotalEnergies, qui a annoncé des bénéfices de 5,8 milliards de dollars pour le premier trimestre. Cette situation, en grande partie attribuable à l’envolée des prix des hydrocarbures, a provoqué une réaction vive au sein du paysage politique français.
Dans le cadre de cette montée au créneau, le groupe socialiste a proposé une loi visant à instaurer une taxation sur ces « superprofits », un sujet qui prend une ampleur particulière dans le contexte d’une crise énergétique persistante. Sur les ondes de RTL, Faure a déclaré : « Gagner de l’argent parce que la guerre existe et parce que des gens en souffrent, il y a une forme d’indécence ». Les résultats financiers exceptionnels de TotalEnergies, en partie liés à la guerre en Ukraine, soulèvent des interrogations tant éthiques qu’économiques.
La gauche se mobilise. Au-delà du Parti socialiste, plusieurs autres formations politiques demandent une révision de la fiscalité applicable aux grandes entreprises du secteur énergétique. Ils soutiennent que ces résultats ne peuvent pas être légitimés dans un contexte où de nombreux citoyens souffrent de la hausse des prix. La flambée des tarifs des carburants, notamment, affecte lourdement le pouvoir d’achat des Français, déjà mis à mal par l’inflation.
Du côté du gouvernement, la réponse tarde à se faire entendre. Tandis que la gauche s’organise pour porter ce sujet au sein de l’Assemblée nationale, la majorité présidentielle semble divisée sur la question. Certains membres du gouvernement sont favorables à une taxation, tandis que d’autres craignent que cela n’ait des conséquences dissuasives sur les investissements étrangers. Cette ambivalence pourrait retarder toute mesure concrète.
Face à cette situation, des représentants du secteur pétrolier appellent à la prudence. Ils mettent en garde contre une taxation punitive, soulignant que cela pourrait freiner l’innovation et la transition énergétique. Ils rappellent également que les bénéfices réalisés doivent contribuer aux efforts de décarbonation indispensables pour faire face aux enjeux climatiques actuels.
Un climat de méfiance se dessine parmi les citoyens. Beaucoup expriment leur indignation face à des entreprises qui semblent tirer profit de la misère ambiante. Des manifestations ont déjà eu lieu dans plusieurs villes, où les participants exigent des actions concrètes pour réguler les prix. Dans ce contexte, la proposition d’Olivier Faure pourrait bien alimenter le débat au sein de l’hémicycle.
Le Parti socialiste mise sur l’unité. En déposant cette proposition de loi, il espère rassembler les forces de gauche autour d’un combat commun. Faure a précisé qu’il ne s’agissait pas d’un simple coup de communication, mais d’un véritable appel à la justice sociale. L’objectif est de mobiliser l’opinion publique en faveur d’une fiscalité plus équitable dans le secteur énergétique.
Un moment clé se profile à l’horizon : le 4 mai. Ce jour-là, la Commission des finances de l’Assemblée nationale examinera la proposition. Le débat promet d’être animé, tant les opinions divergent. Olivier Faure et ses soutiens espèrent convaincre que la taxation des superprofits constitue une réponse adaptée à la situation actuelle, marquée par des inégalités croissantes et un besoin urgent de justice économique.