Le Scaf à peine enterré, Airbus et 7 entreprises proposent à Berlin une "alternative" à l'avion de chasse (évidemment sans Dassault Aviation)

Le Scaf à peine enterré, Airbus et sept entreprises proposent à Berlin une « alternative » à l’avion de chasse (évidemment sans Dassault Aviation) L’échec du pr
Le Scaf à peine enterré, Airbus et sept entreprises proposent à Berlin une « alternative » à l’avion de chasse (évidemment sans Dassault Aviation)
L’échec du programme de système de combat aérien du futur (Scaf) entre la France et l’Allemagne n’a pas eu le temps de refroidir que huit entreprises, majoritairement allemandes, ont déjà soumis une contre-proposition à Berlin. Menée par la branche défense et spatial d’Airbus basée en Allemagne, cette alliance, baptisée « Team Gen 6 », vise à développer un avion de chasse de sixième génération, excluant de facto Dassault Aviation, l’architecte du Rafale. L’initiative, confirmée par l’AFP et le Financial Times, intervient au lendemain de la confirmation officielle de l’arrêt du Scaf par les gouvernements allemand et français, un projet colossale estimé à 100 milliards d’euros, mais resté au stade de la maquette. La proposition a été adressée au chancelier allemand Friedrich Merz et au ministère de la Défense dirigé par Boris Pistorius.
Une coalition industrielle sans le partenaire historique français
Le groupement « Team Gen 6 » rassemble huit entités, dont cinq sont allemandes. Outre Airbus Defence and Space, on trouve le fabricant de capteurs et radars Hensoldt, le groupe de défense Diehl (missiles), ainsi que deux autres firmes allemandes non précisées dans les premières communications. La présence de MBDA, le fabricant franco-britannique de missiles, constitue la seule participation française notable, mais aucun acteur hexagonal de la cellule ou de l’intégration système n’est inclus. L’absence de Dassault Aviation, pourtant partenaire initial du Scaf, est frappante et souligne la rupture entre les deux nations sur ce dossier. Le porte-parole d’Hensoldt a précisé que cette « prise de position » serait officialisée ce jeudi, à l’occasion du salon de l’aéronautique ILA à Berlin, un rendez-vous stratégique pour l’industrie de défense européenne.
Un projet de 100 milliards d’euros resté lettre morte
Le Scaf, lancé en 2017, devait remplacer le Rafale français et devenir l’épine dorsale de la défense aérienne allemande à partir des années 2040. Il ambitionnait de concevoir un avion de combat de sixième génération, accompagné de drones, le tout relié par un « cloud de combat ». Mais les divergences persistantes entre Airbus et Dassault sur la répartition des tâches, la propriété intellectuelle et les coûts ont paralysé le programme. Le coût final, estimé à 100 milliards d’euros, n’a jamais été validé, et le projet n’a dépassé le stade de la maquette. L’arrêt, confirmé lundi par les deux gouvernements, a laissé un vide industriel et stratégique que Berlin entend combler rapidement, avec ses propres partenaires.
Des enjeux industriels et politiques majeurs pour l’Europe
Cette initiative allemande, si elle aboutit, pourrait redessiner la carte de l’industrie aéronautique militaire européenne. En s’appuyant sur une base industrielle nationale et sur quelques alliés européens, Berlin cherche à préserver sa souveraineté technologique et à maintenir une capacité de conception d’avions de combat. Pour la France, l’exclusion d’Airbus et de ses partenaires allemands pose la question de l’avenir du Rafale et de la capacité à développer un successeur en solo. Le chancelier Merz, qui a fait de la défense une priorité, devra arbitrer entre cette proposition « Team Gen 6 » et la nécessité de maintenir une coopération européenne, malgré les blessures laissées par l’échec du Scaf.