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Le remboursement de certaines protections menstruelles, une avancée jugée insuffisante [1/2]

Monde · · Par Sophie DURAND

Le remboursement de certaines protections menstruelles, une avancée jugée insuffisante [1/2]

## Le remboursement des protections menstruelles réutilisables entre en vigueur, une avancée qualifiée d'insuffisante Depuis le jeudi 1er octobre, les protectio

## Le remboursement des protections menstruelles réutilisables entre en vigueur, une avancée qualifiée d'insuffisante Depuis le jeudi 1er octobre, les protections hygiéniques réutilisables sont intégralement ou partiellement remboursées pour les femmes de moins de 26 ans et pour les personnes les plus précaires, rapporte RFI. Près de 7 millions de personnes sont concernées par cette mesure, qui était attendue depuis trois ans. Si l'initiative est largement saluée, elle suscite néanmoins des réserves, notamment sur le terrain, où certaines bénéficiaires estiment qu'elle ne va pas assez loin. ## Une mesure attendue depuis trois ans Le dispositif, qui devait voir le jour voilà plusieurs années, entre enfin en application. Concrètement, les culottes et les cups menstruelles peuvent désormais être récupérées en pharmacie, avec une prise en charge totale ou partielle selon les cas. Le gouvernement justifie ce remboursement par le caractère « écologique » de ces produits réutilisables, qui permettent de réduire les déchets liés aux protections jetables. Pour les autorités, l'enjeu est double : alléger le budget des personnes menstruées et encourager une consommation plus responsable. La mesure cible en priorité les jeunes femmes de moins de 26 ans ainsi que les publics les plus fragiles économiquement, deux catégories pour lesquelles le coût des règles pèse le plus lourdement. ## Un coût mensuel encore élevé Le reportage de RFI rappelle une réalité budgétaire souvent sous-estimée : en France, une personne menstruée peut débourser entre 10 et 15 euros par mois pour ses protections et ses antidouleurs. Sur une année, la dépense peut donc dépasser la centaine d'euros, un montant loin d'être anecdotique pour les étudiants et les foyers modestes. À l'université Paris Nanterre, l'épicerie solidaire propose déjà une alternative aux étudiantes. « Ce qu'on propose aux bénéficiaires : on a des kits d'hygiène, des serviettes hygiéniques, des tampons, des culottes menstruelles... », égrène Yacinia, étudiante sur le campus et bénévole au sein de la structure. Elle précise que des cups sont également disponibles, même si les stocks sont limités. Les prix pratiqués défient toute concurrence : une boîte de tampons ou un paquet de serviettes y sont vendus 30 centimes, contre un tarif bien plus élevé en magasin. ## Entre soulagement et scepticisme L'annonce du remboursement a été accueillie avec intérêt par les étudiantes rencontrées par RFI, qui disent avoir appris la nouvelle « sur les réseaux sociaux ». Yacinia juge la démarche « très intéressante et surtout très importante », soulignant que le prix des culottes menstruelles et des cups reste un frein majeur à l'achat. Mais la mesure convainc sans totalement rassurer. Certaines voix estiment que le périmètre retenu — moins de 26 ans et publics précaires — laisse de côté une partie des personnes concernées. D'autres pointent la complexité du parcours en pharmacie ou le reste à charge qui subsiste pour certains produits seulement partiellement remboursés. Le caractère « écologique » mis en avant par l'exécutif interroge aussi : faut-il conditionner l'aide à la nature du produit plutôt qu'au besoin réel ? ## Un premier pas à confirmer Avec près de 7 millions de bénéficiaires potentiels, le dispositif constitue une avancée concrète dans la reconnaissance de la précarité menstruelle. Reste à savoir si les pharmacies suivront et si les produits seront effectivement disponibles. Pour les associations et les étudiantes, ce remboursement apparaît surtout comme un premier pas : la gratuité complète ou un élargissement des critères sont déjà évoqués comme les prochaines étapes d'un chantier loin d'être refermé.