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«Le rassemblement ne pourra pas se faire sur du vide» : Wauquiez appelle la droite à «un devoir d’inventaire» avec Macron en vue de la présidentielle

Une · · Par Claire BERNARD

«Le rassemblement ne pourra pas se faire sur du vide» : Wauquiez appelle la droite à «un devoir d’inventaire» avec Macron en vue de la présidentielle

Laurent Wauquiez, président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, a formulé une exigence politique majeure à l’approche de l’élection présidentiel

Laurent Wauquiez, président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, a formulé une exigence politique majeure à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Dans un entretien mis en ligne mercredi sur le site du Point, le député de Haute-Loire appelle l’ensemble des candidats à la présidentielle à se soumettre à « un devoir d’inventaire du macronisme », condition qu’il juge « préalable au rassemblement ». Cette prise de position intervient alors que les tractations pour l’union des droites et du centre s’intensifient, dans un climat politique marqué par l’urgence d’une stratégie commune face au duel annoncé entre le Rassemblement national et La France insoumise. ### Une mise en garde contre le « vide » programmatique « Le rassemblement ne pourra pas se faire sur du vide ! », prévient Laurent Wauquiez, qui tire à nouveau la sonnette d’alarme sur le risque pour la droite d’être évincée du second tour de la présidentielle si elle ne s’unit pas derrière un candidat unique. Selon des informations rapportées par Le Figaro, le patron des députés LR insiste sur la nécessité de bâtir un socle idéologique solide avant toute alliance électorale. Pour lui, « il faut un projet de redressement très ambitieux et courageux s’attaquant enfin à tous les problèmes laissés en plan au cours des dernières années ». Cette déclaration suggère une critique implicite du bilan des gouvernements successifs, tout en ouvrant la voie à une refondation doctrinale susceptible de séduire un électorat en quête de repères. ### Une allusion directe aux anciens ministres de Macron Le « devoir d’inventaire » prôné par Laurent Wauquiez ne se limite pas à un simple exercice rétrospectif. Le député de Haute-Loire souligne que « ce devoir d’inventaire est d’autant plus indispensable que les trois principaux candidats ont tous été ses ministres », en allusion explicite à Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau, ce dernier ayant occupé le ministère de l’Intérieur pendant un an. Cette observation, rapportée par les médias nationaux, met en lumière une configuration politique inédite : les principaux prétendants à la succession d’Emmanuel Macron seraient issus de ses propres gouvernements. D’après des sources proches du parti, cette situation complexifie les discussions internes, chaque candidat potentiel devant à la fois assumer son héritage gouvernemental et s’en démarquer pour incarner une alternative crédible. ### La primaire comme solution organisationnelle Laurent Wauquiez, qui plaide pour une primaire de la droite et du centre, voit dans cette procédure un moyen de trancher les divergences tout en légitimant le candidat final. « La condition de toute victoire » résiderait selon lui dans cette capacité à fédérer au-delà des appareils traditionnels. Les observateurs notent toutefois que cette proposition ne fait pas l’unanimité au sein des Républicains, certains élus préférant un accord de désistement mutuel plutôt qu’un scrutin ouvert risquant de révéler les fractures internes. Le calendrier électoral, avec un premier tour prévu au printemps 2027, laisse théoriquement le temps d’organiser une telle consultation, mais les délais techniques et politiques apparaissent de plus en plus contraints. ### Un appel à la responsabilité collective Au-delà des considérations tactiques, l’intervention de Laurent Wauquiez traduit une inquiétude profonde quant à la pérennité du camp libéral-conservateur français. En appelant à un « devoir d’inventaire », il semble vouloir tirer les leçons de l’érosion électorale subie depuis 2017, lorsque le macronisme a capté une partie de l’électorat traditionnel de droite. Cette analyse, partagée par plusieurs think tanks proches de la droite, suggère que le rassemblement ne pourra s’opérer que sur la base d’un diagnostic partagé des erreurs passées et d’un projet suffisamment différenciant pour exister dans un paysage politique polarisé. La question demeure de savoir si les acteurs concernés accepteront de se soumettre à cet exercice d’introspection collective, alors que les ambitions personnelles et les calendriers médiatiques pourraient fragiliser toute tentative de coordination.