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"Le raisin est en train de dépérir": les vignerons anticipent une "petite récolte" de vin à cause de la sécheresse et attendent impatiemment de l'eau

Economie · · Par Julie MOREAU

# Le raisin est en train de dépérir : les vignerons anticipent une "petite récolte" de vin à cause de la sécheresse et attendent impatiemment de l'eau Les canic

# Le raisin est en train de dépérir : les vignerons anticipent une "petite récolte" de vin à cause de la sécheresse et attendent impatiemment de l'eau Les canicules successives et les épisodes de grêle qui ont frappé plusieurs régions viticoles françaises ces dernières semaines compromettent sérieusement les perspectives de récolte pour 2026. Après un printemps jugé "des plus favorables", la situation s'est brutalement dégradée, poussant les représentants du secteur à anticiper des volumes particulièrement faibles, dans la continuité des deux années précédentes déjà marquées par une production réduite. ## Une vigne en souffrance après un printemps prometteur Jérôme Bauer, président de la Confédération des producteurs de vins et eaux-de-vie de vin à appellations d'origine contrôlée (Cnaoc), dresse un constat alarmant : "Ce sera une petite récolte." Selon lui, la vigne était "magnifique jusque début juin, mais ça a totalement décroché dans beaucoup" de régions. Le vigneron alsacien précise que la plante est aujourd'hui en situation de stress extrême : "Aujourd'hui la plante va très mal : elle essaie de sauver sa peau plutôt que sa récolte. Du coup le raisin est en train de dépérir ; certains risquent de ne pas mûrir et ne seront pas qualitatifs, on ne pourra rien en faire." Les jeunes pieds, plantés pour répondre aux nouveaux goûts des consommateurs, sont particulièrement vulnérables, faute d'un système racinaire suffisamment développé pour puiser l'humidité en profondeur. Dans le département de la Loire, lors de la canicule intense de juin 2026, les feuilles de vigne ont commencé à souffrir et à flétrir, illustrant la détresse hydrique qui touche de nombreux vignobles. ## La grêle aggrave une situation déjà fragile Cette semaine, plusieurs vignobles ont également subi des épisodes de grêle localisés. L'Ardèche, la Charente, le Bordelais, le Beaujolais, la Champagne et l'Alsace figurent parmi les régions touchées, selon le dirigeant de la Cnaoc. Ces phénomènes climatiques violents viennent s'ajouter à la sécheresse persistante, créant une double peine pour les viticulteurs qui voient leurs efforts compromis. Les volumes déjà réduits en 2024 et 2025 laissaient espérer un rebond en 2026. Les conditions climatiques actuelles risquent au contraire de prolonger la tendance baissière. Il est cependant encore impossible de prédire les rendements avec précision, ceux-ci dépendant largement des précipitations à venir dans les semaines qui suivent. ## L'eau, variable décisive pour la qualité et la quantité Pour le rendement comme pour la qualité, "on attend l'eau", explique Sébastien David, président de France Vin Bio, qui pointe l'urgence de la situation. Les précipitations seront décisives pour "perdre le moins de ceps possible", selon Jérôme Bauer. Sans pluie suffisante dans les prochaines semaines, une partie du raisin pourrait ne pas atteindre la maturité nécessaire à une vinification de qualité. Les viticulteurs espèrent que les précipitations seront suffisantes pour limiter la casse et préserver ce qui peut encore l'être. La situation reste préoccupante dans un secteur déjà confronté à des défis structurels, entre évolution des habitudes de consommation et aléas climatiques de plus en plus fréquents. La profession retient son souffle : les prochains jours seront déterminants pour l'avenir de la récolte 2026, et plus largement pour la santé d'un vignoble français qui traverse l'une de ses périodes les plus délicates.