Onyx Infos

Le projet de loi sur la transparence salariale arrive enfin: que pourra-t-on savoir sur le salaire de ses collègues? Qu'est ce qui restera secret?

Economie · · Par Julie MOREAU

Le projet de loi sur la transparence salariale arrive enfin: que pourra-t-on savoir sur le salaire de ses collègues? Qu'est ce qui restera secret?

## Transparence salariale : ce que les salariés pourront réellement savoir Le gouvernement a présenté jeudi en conseil des ministres un projet de loi sur la tra

## Transparence salariale : ce que les salariés pourront réellement savoir Le gouvernement a présenté jeudi en conseil des ministres un projet de loi sur la transparence salariale, destiné à réduire les inégalités de rémunération entre hommes et femmes. Le texte, qui transpose tardivement une directive européenne adoptée en 2023, doit encore passer par le débat parlementaire et sera complété par des décrets d'application. Voici ce qu'il prévoit concrètement pour les salariés du privé comme du public. ## Un droit de consultation encadré Chaque salarié aura la possibilité de demander à son employeur les niveaux de rémunération moyens des autres salariés occupant des postes comparables au sien. Cette faculté reste toutefois conditionnée à un principe de précaution : l'information ne sera communiquée que si la catégorie concernée compte suffisamment d'employés pour qu'aucun d'entre eux ne puisse être identifié individuellement. Concrètement, il ne sera jamais question de connaître le salaire précis d'un collègue nommément désigné, mais uniquement des moyennes par groupe de postes équivalents. Ce mécanisme vise à concilier transparence et protection de la vie privée, un équilibre que les partenaires sociaux devraient scruter de près lors des discussions parlementaires. ## Sept indicateurs obligatoires pour les entreprises Un an après la promulgation de la loi, les entreprises de plus de 50 salariés devront publier obligatoirement sept indicateurs relatifs aux rémunérations. Les modalités et le calendrier varieront selon la taille de la structure : publication annuelle pour les plus grandes, tous les trois ans seulement pour les plus petites. Détail technique notable, six de ces sept indicateurs seront renseignés automatiquement à partir des données de la "déclaration sociale nominative", ce document mensuel par lequel les employeurs s'acquittent de leurs cotisations sociales. Ce dispositif s'appliquera également à la fonction publique, ce qui élargit sensiblement son périmètre au-delà du seul secteur privé. ## Écarts de genre et obligations correctives Les indicateurs publiés devront permettre de mesurer les écarts de rémunération entre hommes et femmes pour un "travail égal ou de valeur égale", ainsi que la rémunération moyenne au sein d'une même catégorie de postes, dès lors qu'elle compte au moins cinq hommes et cinq femmes. Point central du dispositif : en cas d'écart injustifié égal ou supérieur à 5% entre les deux sexes, les entreprises auront l'obligation de mettre en place des mesures correctives. Ce seuil de 5% constitue le principal levier contraignant du texte, même si les sanctions associées à un défaut de correction restent à préciser dans les décrets à venir. ## Ce qui restera confidentiel La transparence voulue par le législateur s'arrête à la porte des données individuelles nominatives. Le salaire précis d'un collègue identifiable ne sera jamais accessible, et les entreprises ne seront pas tenues de divulguer les rémunérations poste par poste lorsque la taille du groupe concerné rend l'anonymat impossible. Les primes exceptionnelles, avantages en nature ou éléments variables versés à titre strictement personnel devraient également échapper à la publication obligatoire, sauf élargissement du périmètre lors des débats. ## Un calendrier encore mouvant Le texte n'est pour l'heure qu'une première version, appelée à évoluer au Parlement puis à être précisée par voie réglementaire. Sa mise en œuvre effective dépendra donc largement des arbitrages à venir entre gouvernement, députés et partenaires sociaux. Pour les salariés, l'horizon d'application se situe au minimum un an après la promulgation, le temps que les entreprises s'adaptent aux nouvelles obligations déclaratives.