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Le prix du riz risque d'augmenter dans les prochains mois: à cause de la sécheresse, la récolte indienne va enregistrer sa plus forte baisse depuis 20 ans

Economie · · Par Julie MOREAU

Le prix du riz risque d'augmenter dans les prochains mois: à cause de la sécheresse, la récolte indienne va enregistrer sa plus forte baisse depuis 20 ans

## Le prix du riz sous tension : la récolte indienne menacée par la sécheresse La production mondiale de riz pourrait bien connaître un tournant en 2026. Selon

## Le prix du riz sous tension : la récolte indienne menacée par la sécheresse La production mondiale de riz pourrait bien connaître un tournant en 2026. Selon des responsables du secteur interrogés par Reuters, l'Inde — premier producteur et exportateur mondial — s'achemine vers sa plus forte baisse de récolte depuis près de vingt ans. En cause : des précipitations nettement inférieures à la normale durant la période de maturation des cultures. Une situation qui fait déjà grimper les prix en Thaïlande et au Vietnam, et qui pourrait se répercuter sur les marchés internationaux dans les prochains mois. ## Une chute de production inédite depuis 2009 Les chiffres avancés par les professionnels du secteur sont sans ambiguïté. B.V. Krishna Rao, président de l'Association des exportateurs de riz, estime que la production indienne pourrait reculer d'environ 10 millions de tonnes. Rapportée au record de 154 millions de tonnes atteint l'année dernière, cette baisse représenterait une diminution de près de 6,5 %. Il s'agirait de la plus forte contraction depuis la campagne 2009/2010, lorsque la sécheresse provoquée par le phénomène El Niño avait déjà lourdement pesé sur les rendements. Cette fois, ce serait la première baisse en dix ans pour le pays, après une année 2025 qualifiée de record. ## Un déficit pluviométrique marqué Le mécanisme est bien identifié. La mousson, qui s'étend du 1er juin au 30 septembre et constitue la colonne vertébrale de l'agriculture indienne, a jusqu'ici enregistré des précipitations inférieures de 15 % à la normale, selon les données du service météorologique national. Mais ce chiffre moyen masque des disparités régionales importantes : dans certains États rizicoles du sud et de l'est du pays, le déficit atteint même 42 %. Cette sécheresse prolongée, survenue pendant la phase critique de maturation des cultures, a considérablement réduit le potentiel de rendement, explique B.V. Krishna Rao. Or, ces régions comptent parmi les greniers à riz les plus productifs du territoire indien. ## Des stocks qui amortissent, mais ne neutralisent pas le risque La situation n'est toutefois pas uniformément alarmante. Les stocks massifs constitués grâce aux récoltes records des dernières années devraient permettre à New Delhi de maintenir ses exportations à des niveaux élevés malgré la baisse de production. Cette capacité de tampon explique pourquoi les autorités indiennes n'ont, pour l'heure, pas annoncé de restrictions à l'export. Mais ce matelas ne suffira pas nécessairement à contenir la pression sur les prix. La hausse des tarifs déjà observée en Thaïlande et au Vietnam — deux autres exportateurs majeurs — témoigne d'un resserrement progressif de l'offre à l'échelle régionale. Si la récolte indienne confirme son repli, les acheteurs internationaux pourraient se tourner vers ces marchés alternatifs, alimentant une spirale haussière. ## Quelles conséquences pour les importateurs ? Pour les pays fortement dépendants des importations de riz — notamment en Afrique de l'Ouest, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est —, la perspective d'un renchérissement constitue un enjeu économique et social de premier ordre. Le riz demeure l'aliment de base de plusieurs milliards de consommateurs, et toute flambée des cours se transmet rapidement aux prix de détail. Les marchés à terme devraient intégrer ces anticipations dans les semaines à venir, à mesure que les estimations officielles de récolte seront publiées. La question centrale reste désormais la suivante : la baisse annoncée sera-t-elle suffisamment absorbée par les stocks existants pour éviter une flambée durable, ou marquera-t-elle le début d'un cycle haussier prolongé sur le marché mondial du riz ?