Le PIB par habitant en France décroche par rapport aux États-Unis et c'est surtout à cause de la productivité: pour combler le retard, des économistes proposent un plan "France 2040" qui aide les entreprises à adopter l'IA

## Le décrochage français face aux États-Unis : un retard de productivité au cœur des préoccupations Selon une étude du Conseil d'analyse économique (CAE) relay
## Le décrochage français face aux États-Unis : un retard de productivité au cœur des préoccupations
Selon une étude du Conseil d'analyse économique (CAE) relayée par BFM Business, l'écart croissant de richesse entre les États-Unis et la France s'explique principalement par la faible croissance de la productivité dans l'Hexagone. Le cercle de réflexion propose un plan d'action baptisé « France 2040 » pour aider les entreprises à adopter l'intelligence artificielle et tenter de combler ce retard.
## Un décrochage chiffré et documenté
Les données de la Banque mondiale citées par le CAE sont sans appel : en 2025, le PIB par habitant tricolore en parité de pouvoir d'achat équivalait à 68 % du PIB par habitant des États-Unis. En 1995, ce ratio atteignait encore 86 %. Cette tendance s'est donc accélérée depuis les années 1990, creusant un fossé économique entre les deux rives de l'Atlantique.
Pour expliquer ce phénomène, certains observateurs pointent la baisse du temps de travail en France. Mais le CAE nuance cette analyse : cette réduction a été compensée par la hausse du taux d'emploi des femmes et des seniors. Le groupe de réflexion conclut ainsi que « l'intégralité » de l'écart de croissance du PIB par habitant entre la France et les États-Unis depuis 1995 relève du décrochage de la productivité du travail.
## Un manque à gagner estimé à un tiers de revenu
Xavier Jaravel, président délégué du CAE, souligne l'ampleur du phénomène : il s'agit d'« un sujet majeur qui est trop peu présent dans le débat public », car ce décrochage « représente un manque à gagner d'environ un tiers de revenu par habitant ». Autrement dit, les Français seraient « plus riches d'un tiers de PIB par habitant », ce qui générerait, selon lui, « 400 milliards d'euros de recettes publiques par an ».
Cette estimation donne la mesure des enjeux budgétaires et sociaux liés à la question de la productivité. Elle suggère que les marges de manœuvre fiscales de l'État pourraient être considérablement élargies si le pays parvenait à retrouver une dynamique de croissance comparable à celle de ses partenaires.
## La productivité du travail en berne
Dans le détail, la productivité du travail — soit la richesse produite par un travailleur en une heure — a augmenté de 0,8 % par an en France entre 1995 et 2025, contre +4,3 % lors de la période précédente. Ce chiffre est inférieur à celui de la zone euro (+1,1 %) et très éloigné de celui des États-Unis (+1,7 %).
Ce retard est essentiellement attribué à une moindre diffusion des technologies numériques dans l'économie française. Les entreprises hexagonales adopteraient plus lentement les outils technologiques, notamment l'intelligence artificielle, ce qui pèserait directement sur leur compétitivité et leur capacité à générer de la valeur ajoutée.
## Le plan « France 2040 » comme réponse
Face à ce constat, le CAE propose un plan d'action structuré, baptisé « France 2040 », visant à aider les entreprises à adopter l'IA. L'objectif est de favoriser une diffusion plus rapide et plus large des technologies numériques dans l'ensemble du tissu économique, des grandes entreprises aux PME.
Ce plan s'inscrit dans une réflexion plus large sur les leviers de croissance disponibles pour la France. Il reste à déterminer comment ces recommandations seront reçues par les pouvoirs publics et les acteurs économiques, alors que le sujet de la productivité demeure, selon le CAE, insuffisamment débattu dans l'espace public.
La question du décrochage français face aux États-Unis ne se limite donc pas à des considérations de temps de travail ou d'emploi : elle touche à la capacité du pays à intégrer les innovations technologiques dans son appareil productif. Le plan « France 2040 » constitue une piste, dont l'efficacité dépendra de sa mise en œuvre concrète et de l'adhésion des entreprises.