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Le phénomène El Niño pourrait être aggravé de 40% par le réchauffement climatique, révèle une étude

Une · · Par Claire BERNARD

Le phénomène El Niño pourrait être aggravé de 40% par le réchauffement climatique, révèle une étude

Le phénomène climatique El Niño, qui s’installe cette année dans le Pacifique, pourrait voir son intensité accrue de 40 % sous l’effet du réchauffement climatiq

Le phénomène climatique El Niño, qui s’installe cette année dans le Pacifique, pourrait voir son intensité accrue de 40 % sous l’effet du réchauffement climatique, selon une étude relayée par Le Figaro. Cette aggravation, constatée sur la base d’un enregistrement corallien couvrant plus d’un millénaire, s’ajoute aux prévisions alarmantes des principaux centres météorologiques internationaux. ## Un mécanisme naturel amplifié par l’activité humaine Selon les informations rapportées par Le Figaro, le mécanisme climatique récurrent dans le Pacifique est devenu plus intense depuis une quarantaine d’années. L’étude, qui a scruté un enregistrement corallien de plus d’un millier d’années, établit un lien direct entre cette intensification et le réchauffement climatique d’origine anthropique. Les coraux, véritables archives naturelles des conditions océaniques passées, permettraient de retracer l’évolution de ce phénomène bien au-delà des relevés instrumentaux modernes. Cette amplification de 40 % représenterait un seuil critique pour les régions les plus exposées. En effet, les épisodes El Niño de forte magnitude sont historiquement associés à des perturbations majeures des régimes de précipitations à l’échelle planétaire, affectant des centaines de millions de personnes. L’étude suggère que le réchauffement global pourrait non seulement renforcer l’intensité maximale de ces épisodes, mais également en modifier la fréquence et la durée. ## Des prévisions alarmantes pour l’épisode en cours Le phénomène El Niño qui démarre cette année dans le Pacifique s’annonce d’ores et déjà comme d’une puissance exceptionnelle. Le Met Office, le centre britannique de météorologie, et la NOAA, l’Agence américaine pour l’océan et l’atmosphère, ont récemment précisé que des anomalies de températures de +3,5 °C à la surface de l’océan Pacifique tropical, au sud de l’Équateur, ont été relevées entre le 26 juillet et le 22 août dernier. Ces valeurs dépassent largement les seuils habituellement observés en début d’épisode, laissant présager des impacts particulièrement sévères. Météo-France avait déjà anticipé, comme l’Organisation météorologique mondiale qui fait la synthèse des principales prévisions, que le prochain épisode serait d’une « forte intensité ». Les conséquences pourraient inclure des pluies extrêmes dans l’ouest de l’Amérique latine, des inondations dans la corne de l’Afrique, des températures très élevées et d’autres effets en cascade. Parmi ceux-ci figurent des sécheresses en Afrique australe, un réchauffement de l’océan Pacifique avec une aggravation des typhons et un blanchissement massif des récifs coralliens. ## Des impacts en cascade sur les écosystèmes et les populations L’aggravation potentielle de 40 % du phénomène El Niño soulève des inquiétudes particulières pour les écosystèmes marins et terrestres. Le blanchissement massif des récifs coralliens, déjà observé lors des épisodes précédents, pourrait atteindre des niveaux sans précédent, menaçant la biodiversité marine et les moyens de subsistance des communautés côtières qui en dépendent. Par ailleurs, l’intensification des typhons dans le Pacifique occidental représenterait un risque accru pour les populations insulaires et les zones côtières densément peuplées. Les épisodes El Niño historiques, comme celui de 1997-1998 ou de 2015-2016, avaient déjà causé des dommages économiques considérables, estimés en dizaines de milliards de dollars. Une intensification de 40 % de ces phénomènes pourrait donc avoir des répercussions économiques et humanitaires majeures, d’autant plus que les systèmes de prévision et d’alerte précoce, bien qu’améliorés, pourraient se révéler insuffisants face à des événements d’une telle ampleur. ## Une fenêtre de recherche ouverte sur les mécanismes climatiques Cette étude, en mobilisant des données coralliennes millénaires, ouvre également une perspective nouvelle sur la compréhension des mécanismes climatiques à long terme. Les coraux, en enregistrant les variations de température et de salinité des eaux de surface, constituent une mémoire précieuse des climats passés. Leur analyse permet de contextualiser l’évolution actuelle du phénomène El Niño par rapport aux variations naturelles, et de mieux distinguer la part imputable à l’activité humaine. Toutefois, les chercheurs soulignent que ces projections comportent encore des incertitudes, notamment concernant l’interaction entre le réchauffement global et d’autres facteurs naturels de variabilité climatique. Les modèles actuels, bien qu’affinés, pourraient ne pas capturer l’ensemble des rétroactions complexes qui régissent le système climatique pacifique. Des recherches complémentaires seront nécessaires pour affiner ces prévisions et mieux anticiper les épisodes futurs. L’annonce de cette étude intervient alors que la communauté internationale s’interroge sur l’efficacité des politiques d’atténuation du changement climatique. La perspective d’une aggravation significative d’un phénomène déjà redouté pourrait renforcer les appels à une action climatique plus ambitieuse, tout en soulignant l’urgence d’adapter les systèmes de gestion des risques dans les régions les plus vulnérables.