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Le pétrole russe est au plus bas depuis 17 ans: Poutine veut aller chercher les milliards de barils de l’Arctique mais il dépend de deux navires vulnérables

Economie · · Par Julie MOREAU

Le pétrole russe est au plus bas depuis 17 ans: Poutine veut aller chercher les milliards de barils de l’Arctique mais il dépend de deux navires vulnérables

## Le pari arctique de Moscou face à l'effondrement de sa production pétrolière La production pétrolière russe devrait atteindre cette année son plus bas niveau

## Le pari arctique de Moscou face à l'effondrement de sa production pétrolière La production pétrolière russe devrait atteindre cette année son plus bas niveau depuis dix-sept ans, selon les autorités russes citées par BFM Business. Face à ce recul, Vladimir Poutine mise sur les gisements gigantesques de l'Arctique pour tenter de relancer ses exportations. Mais cette nouvelle route du pétrole repose sur une poignée de navires et d'infrastructures vulnérables que les Occidentaux cherchent désormais à fragiliser. ## Vostok Oil, un projet aux dimensions exceptionnelles Le cœur de cette stratégie arctique repose sur Vostok Oil, un projet situé dans le nord de la Sibérie, autour de la péninsule de Taïmyr. Selon Rosneft, l'ensemble regroupe treize gisements dont les ressources sont estimées à environ cinquante milliards de barils de brut. L'ambition initiale affichée était de produire jusqu'à deux millions de barils par jour, soit l'équivalent d'environ 2 % de l'offre mondiale de pétrole. Pour acheminer ce brut, un réseau d'oléoducs long de près de 800 kilomètres relie les gisements au terminal de Boukhta Sever, sur la côte arctique. À terme, un centre de stockage d'une centaine de réservoirs doit y être aménagé. Ces chiffres illustrent l'échelle industrielle du projet, présenté comme le principal relais de croissance de la production russe. ## Arctic Gate, la porte d'exportation toute l'année Plus à l'ouest, le terminal offshore Arctic Gate, situé dans le golfe de l'Ob, permet à la Russie d'exporter en continu le pétrole extrait dans la péninsule de Yamal, y compris malgré la banquise. Cette infrastructure, développée par Gazprom, incarne la capacité russe à opérer dans des conditions climatiques extrêmes. Comme Vostok Oil, Arctic Gate s'inscrit dans un vaste mouvement de développement des infrastructures arctiques sur lequel Moscou compte pour soutenir sa production et ses exportations. Ces installations permettent de contourner en partie les contraintes logistiques traditionnelles et de maintenir les flux vers les marchés internationaux, notamment asiatiques. ## Une dépendance logistique critique Derrière ces ambitions, la vulnérabilité est réelle. L'acheminement du brut arctique dépend d'un nombre limité de navires brise-glace et de pétroliers adaptés, ainsi que d'infrastructures concentrées sur quelques sites. Les Occidentaux cherchent précisément à exploiter cette fragilité, en ciblant les navires et les équipements nécessaires à l'exploitation. La pression ukrainienne sur les sites énergétiques russes ne faiblit pas, ce qui ajoute une contrainte sécuritaire aux difficultés logistiques. La combinaison d'une production en recul, d'une dépendance à des actifs peu nombreux et d'une pression géopolitique croissante place Moscou dans une position délicate. ## Un relais stratégique à double tranchant Le débouché arctique présente donc un intérêt évident pour la Russie, mais il constitue aussi un point de fragilité exploitable. Si Vostok Oil et Arctic Gate représentent des atouts majeurs pour soutenir la production et les exportations russes, leur concentration sur un nombre restreint de navires et d'infrastructures expose Moscou à des perturbations ciblées. La question centrale, pour les mois à venir, sera de savoir si la Russie parvient à sécuriser ces chaînes logistiques face aux tentatives occidentales de les fragiliser, alors que sa production pétrolière traverse sa pire période depuis dix-sept ans.