Le PDG des tricots Saint James, le fondateur de Lunettes pour tous... À 8 mois de l'élection présidentielle, Gabriel Attal s'entoure d'un "conseil de patrons" pour affiner son programme économique

À huit mois de l’élection présidentielle, Gabriel Attal, candidat Renaissance à l’Élysée, structure sa campagne économique en s’entourant d’un « conseil de chef
À huit mois de l’élection présidentielle, Gabriel Attal, candidat Renaissance à l’Élysée, structure sa campagne économique en s’entourant d’un « conseil de chefs d’entreprise ». Selon les informations rapportées par L’Opinion et confirmées par BFM Business, ce groupe bénévole et indépendant, composé d’une dizaine de dirigeants de PME, doit permettre au candidat d’affiner son programme pro-business à partir de remontées de terrain concrètes.
## Un panel de dirigeants issus de l’économie réelle
La composition de ce conseil reflète une volonté de diversité sectorielle. On y trouve notamment Luc Lesénécal, PDG des tricots Saint James, entreprise emblématique du textile normand, ainsi que Paul Morlet, fondateur de Lunettes pour tous, enseigne connue pour son positionnement accessible. Le panel intègre également Hélène Huby, cofondatrice et directrice générale de The Exploration Compagny, spécialiste des capsules spatiales réutilisables, ce qui témoigne d’une ouverture vers les secteurs de pointe. Vincent Kingbeil, patron d’European Digital Group, Benoist Grossmann, président d’Euazeo Tech, et Fabien Versavau, ancien directeur général de La Redoute et Price Minister, complètent cette liste aux profils variés.
Cette hétérogénéité semble délibérée : elle mêle industrie traditionnelle, innovation technologique, commerce et services numériques. L’objectif affiché est de capter une vision large des réalités économiques que rencontrent les entreprises françaises, quels que soient leur taille et leur secteur d’activité.
## Une méthode fondée sur l’écoute active des patrons
Gabriel Attal, qui doit dévoiler son équipe de campagne cette semaine, entend utiliser ce conseil comme un outil de travail opérationnel. Les discussions devraient porter sur deux axes majeurs de son programme : les baisses d’impôts promises aux entreprises et la simplification administrative. L’idée est d’identifier, grâce aux retours d’expérience des dirigeants, les mesures les plus efficaces et les modalités de mise en œuvre les plus pertinentes.
Cette démarche intervient après un premier débat présidentiel organisé par le Medef la semaine dernière, lors duquel le candidat Renaissance a été le plus applaudi par l’auditoire patronal. Ce soutien affiché du monde économique constitue un signal fort à huit mois du scrutin, alors que les questions de compétitivité et de pouvoir d’achat des entreprises occupent une place centrale dans la campagne.
## Des patrons séduits par une approche directe
Plusieurs membres de ce conseil ont exprimé leur satisfaction quant à cette initiative. Bernard Cohen Haddad, président de la CPME d’Île-de-France et du think tank Étienne Marcel, souligne auprès de BFM Business : « C’est le seul qui a décroché son téléphone pour me demander de travailler avec lui. C’est une façon de considérer que l’économie est tellement importante qu’il ne faut pas la confier seulement aux politiques ». Ce témoignage illustre l’attente d’une partie du patronat d’être davantage associée à l’élaboration des politiques économiques.
Sylvie Cazenave-Péré, présidente du groupe industriel Posson Packaging, souhaite quant à elle mettre son savoir-faire au service de cette réflexion collective. La dimension bénévole et indépendante du dispositif est présentée comme une garantie de sincérité des échanges, loin des logiques partisanes.
## Un enjeu stratégique pour la campagne présidentielle
La création de ce conseil de patrons s’inscrit dans une stratégie plus large de crédibilisation du candidat sur les questions économiques. En s’appuyant sur des dirigeants reconnus, Gabriel Attal cherche à démontrer sa capacité à gouverner avec les acteurs de terrain plutôt que de s’en tenir à des considérations théoriques. Cette approche pragmatique pourrait séduire un électorat attentif aux problématiques de croissance et d’emploi.
Reste à voir comment ces recommandations se traduiront concrètement dans le programme final du candidat. La composition de l’équipe de campagne, attendue cette semaine, donnera un premier aperçu de la place accordée à ce conseil dans la machine électorale. Les prochains mois diront si cette alliance entre politique et patronat produira des effets tangibles sur les propositions économiques de celui qui aspire à entrer à l’Élysée.