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Le Parlement adopte définitivement la loi d’urgence agricole, avec son volet sur les pesticides

Une · · Par Claire BERNARD

Le Parlement adopte définitivement la loi d’urgence agricole, avec son volet sur les pesticides

Le Parlement a définitivement adopté mardi le projet de loi d’urgence agricole, un texte promis en janvier aux agriculteurs et dont le volet sur la réintroducti

Le Parlement a définitivement adopté mardi le projet de loi d’urgence agricole, un texte promis en janvier aux agriculteurs et dont le volet sur la réintroduction sous conditions de certains pesticides interdits a ravivé les tensions au sein du camp gouvernemental. Selon des informations rapportées par *Le Figaro* et l’AFP, le Sénat a scellé l’adoption par 214 voix contre 111, après un parcours législatif marqué par des clivages profonds, notamment sur la question des produits phytosanitaires. Cette adoption intervient dans un contexte de crise agricole persistante, où les revendications sur l’eau, la prédation et les moyens de production avaient été identifiées comme prioritaires par le ministre de l’Agriculture, Sébastien Lecornu. ## Un texte porté par l’urgence et les promesses de janvier Le projet de loi d’urgence agricole, présenté comme une réponse aux mobilisations de l’hiver 2026, avait été annoncé par Sébastien Lecornu lors d’un déplacement dans le Sud-Ouest. D’après des sources gouvernementales, le texte devait apporter des solutions concrètes sur « plusieurs priorités : eau, prédation, moyens de production ». Le volet le plus sensible concerne la possibilité de réintroduire, sous conditions dérogatoires, des pesticides interdits en France, une mesure qui a suscité de vives oppositions au sein même de la majorité. Le rapporteur Laurent Duplomb (LR) a salué mardi le travail accompli, déclarant : « Soyons fiers du travail accompli », tandis que les débats ont mis en lumière les fractures entre les partisans d’une agriculture compétitive et les défenseurs de l’environnement. ## Des tensions jusqu’au sommet de l’exécutif L’adoption de cette loi a empoisonné la fin de session parlementaire du camp gouvernemental, au point de menacer la stabilité du ministère de la Transition écologique. En effet, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, aurait été reçue à la mi-journée par Sébastien Lecornu et pourrait quitter le gouvernement, selon des informations non confirmées officiellement. Ce possible départ serait lié à un désaccord profond sur les pesticides, alors que la ministre défendait une ligne plus restrictive en matière de produits phytosanitaires. Le sénateur Laurent Duplomb, à l’origine d’une loi controversée l’an dernier sur la réintroduction sous conditions de l’acétamipride, un insecticide de la famille des néonicotinoïdes, a joué un rôle clé dans l’élaboration du volet pesticides. Cette situation illustre les difficultés du gouvernement à concilier les impératifs de production agricole et les engagements écologiques. ## Des implications environnementales et sanitaires en débat Le volet pesticides de la loi d’urgence agricole soulève des interrogations majeures sur le plan sanitaire et environnemental. La réintroduction sous conditions de substances actives interdites en France, comme l’acétamipride, pourrait avoir des conséquences sur la biodiversité et la santé des agriculteurs, bien que le texte encadre strictement ces dérogations. Selon des experts consultés par *Le Figaro*, ces mesures visent à répondre à des impasses techniques dans certaines filières, notamment pour lutter contre des ravageurs résistants. Cependant, des associations environnementales ont déjà annoncé leur intention de contester ces dispositions devant le Conseil constitutionnel, estimant qu’elles contournent les objectifs de réduction des pesticides fixés par le plan Écophyto. Le gouvernement devra désormais publier les décrets d’application pour préciser les conditions de ces dérogations, un processus qui pourrait prendre plusieurs mois. ## Une loi adoptée, des tensions non résolues L’adoption définitive de la loi d’urgence agricole marque une étape importante dans la réponse aux revendications des agriculteurs, mais elle laisse en suspens des questions fondamentales sur l’équilibre entre productivité et transition écologique. Le possible départ de Monique Barbut du gouvernement, s’il se confirme, serait un signal fort des difficultés à maintenir une cohérence politique sur ces enjeux. Par ailleurs, le rapporteur Laurent Duplomb a indiqué que des discussions devraient se poursuivre au sein du Parlement pour affiner les mécanismes de dérogation, tandis que les oppositions dénoncent un recul environnemental. L’avenir de cette loi dépendra désormais de sa mise en œuvre concrète et des arbitrages qui seront rendus dans les prochains mois, alors que la pression des syndicats agricoles et des associations écologistes ne faiblit pas.