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Le nombre de morts au travail ne baisse plus: selon la CGT il y a eu 783 décès par accident de travail en 2025, un nouveau record

Economie · · Par Julie MOREAU

Le nombre de morts au travail ne baisse plus: selon la CGT il y a eu 783 décès par accident de travail en 2025, un nouveau record

La sécurité au travail connaît un coup d'arrêt préoccupant. Selon la CGT, qui affirme avoir eu accès aux chiffres officiels de l'Assurance maladie avant leur pu

La sécurité au travail connaît un coup d'arrêt préoccupant. Selon la CGT, qui affirme avoir eu accès aux chiffres officiels de l'Assurance maladie avant leur publication, 783 personnes sont mortes par accident du travail en France en 2025. Ce bilan marque une hausse de 19 décès par rapport à 2024, une année déjà qualifiée de record. Le syndicat a rendu publics ces chiffres jeudi, alors que l'organisme national n'a pas encore validé leur diffusion. ## Un total de 1.331 décès reconnus en 2025 Au-delà des seuls accidents du travail, la CGT avance un chiffre global de 1.331 décès reconnus en 2025 au titre des risques professionnels. Cette enveloppe se décompose en trois catégories : 783 décès liés à des accidents du travail proprement dits, 344 décès survenus lors d'accidents de trajet, et 204 décès imputables à des maladies professionnelles. Comparé à 2024, ce total progresse de 34 morts supplémentaires. Cette progression s'inscrit dans une dynamique déjà observée l'an dernier. En 2024, l'Assurance maladie avait dénombré 1.297 décès liés au travail, dont 764 découlant d'accidents du travail. Ce niveau constituait déjà un record depuis 2018, année à partir de laquelle les décès consécutifs à des malaises ont été intégrés dans les statistiques. Autrement dit, la tendance haussière se confirme pour la deuxième année consécutive. ## Transports et bâtiment en première ligne Les données de 2024, les dernières consolidées, désignaient deux secteurs particulièrement exposés : celui des transports et celui du bâtiment. Ces deux activités concentrent des risques structurels — manutention, travail en hauteur, circulation, cadences soutenues — qui expliquent une sinistralité durablement élevée. La CGT n'a pas détaillé, dans les éléments communiqués, la répartition sectorielle des décès de 2025. Ce constat intervient dans un contexte où la publication officielle des statistiques annuelles relève de la Caisse nationale de l'Assurance maladie. Celle-ci diffuse chaque fin d'année un rapport sur les risques professionnels incluant le nombre d'accidents du travail mortels. Sollicitée par l'AFP, l'Assurance maladie n'a pas confirmé les chiffres avancés par le syndicat, qui insiste sur le fait qu'il s'agit de données officielles non encore rendues publiques. ## Un enjeu de transparence et de prévention La démarche de la CGT pose implicitement la question du calendrier de publication et de l'accessibilité des données sur la mortalité au travail. En devançant la communication institutionnelle, le syndicat place le débat sur le terrain de la transparence et de la reconnaissance des risques professionnels. Pour les organisations syndicales, la stabilisation — voire la remontée — du nombre de morts au travail contredit l'idée d'une amélioration continue de la sécurité. Ces chiffres, s'ils sont confirmés par l'Assurance maladie, alimenteront les discussions sur l'efficacité des dispositifs de prévention et sur les moyens alloués à l'inspection du travail. Ils pourraient également relancer les négociations sur la pénibilité et la reconnaissance des maladies professionnelles. Reste désormais à connaître la position officielle de l'Assurance maladie, dont la validation conditionnera la portée définitive de ce bilan. Si la hausse se confirme, 2025 s'installerait comme une nouvelle année noire pour la sécurité des travailleurs français, prolongeant une courbe que les pouvoirs publics peinent, pour l'heure, à inverser.