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Le nombre de féminicides augmente en France : 111 femmes tuées par leur conjoint en 2025, 37 % d’entre elles avaient déjà subi des violences

Une · · Par Claire BERNARD

Le nombre de féminicides augmente en France : 111 femmes tuées par leur conjoint en 2025, 37 % d’entre elles avaient déjà subi des violences

En 2025, 111 femmes ont été tuées en France par leur conjoint ou ex-conjoint, selon les données du ministère de l'Intérieur rapportées par Midi Libre. Ce chiffr

En 2025, 111 femmes ont été tuées en France par leur conjoint ou ex-conjoint, selon les données du ministère de l'Intérieur rapportées par Midi Libre. Ce chiffre marque une hausse de 4 % par rapport à l'année précédente et porte à 136 le total des morts violentes répertoriées au sein du couple sur l'ensemble du territoire. Parmi les victimes, 37 % avaient déjà signalé des violences antérieures, un indicateur qui interroge l'efficacité des dispositifs de protection existants. ## Une progression qui contredit les objectifs affichés La hausse de 4 % enregistrée en 2025 s'inscrit en rupture avec les ambitions affichées par les pouvoirs publics ces dernières années. Depuis le Grenelle des violences conjugales de 2019, plusieurs mesures ont été déployées : généralisation du bracelet anti-rapprochement, création de pôles spécialisés dans les tribunaux, formation renforcée des forces de l'ordre. Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, ces dispositifs n'ont pas suffi à inverser la tendance. En effet, le nombre de féminicides demeure supérieur à celui observé avant la crise sanitaire, alors que les associations féministes réclamaient déjà un renforcement structurel des moyens. ## Le signalement préalable, un angle mort persistant Le fait que 37 % des victimes avaient déjà subi des violences avant d'être tuées constitue un élément central du rapport. Ces données suggèrent que les mécanismes de détection et de protection pourraient présenter des failles, notamment dans les zones rurales ou les territoires où l'accès aux services d'aide reste limité. D'après des sources associatives citées par plusieurs médias nationaux, le dépôt de plainte n'entraîne pas systématiquement une mise à l'abri effective, faute de places d'hébergement d'urgence suffisantes. Cette proportion, bien que partielle, ne reflète probablement qu'une part des cas, de nombreuses victimes n'ayant jamais contacté les autorités. ## Un bilan humain aux implications multiples Au-delà du chiffre global de 136 morts violentes au sein du couple, ces statistiques posent la question des moyens alloués à la prévention. Les associations spécialisées estiment que le nombre réel de féminicides pourrait être supérieur aux données officielles, certaines affaires étant classées différemment selon les critères retenus. Par ailleurs, la hausse de 4 % intervient dans un contexte budgétaire contraint, où les crédits dédiés à l'aide aux victimes font l'objet d'arbitrages réguliers. Toutefois, le ministère de l'Intérieur n'a pas précisé, à ce stade, les mesures correctives envisagées pour l'année à venir. ## Vers une réévaluation des politiques publiques Ce bilan annuel devrait alimenter les débats parlementaires sur l'efficacité des dispositifs existants. Plusieurs élus ont déjà annoncé leur intention de demander une évaluation indépendante des mesures issues du Grenelle. Selon des sources gouvernementales, un comité de suivi pourrait être reconduit pour examiner les cas les plus problématiques. La question du financement des structures d'accueil d'urgence, régulièrement saturées, demeure toutefois en suspens. En effet, sans augmentation significative des capacités d'hébergement et un renforcement du suivi des auteurs, les experts consultés estiment peu probable une inversion durable de la courbe. Le bilan 2025 confirme ainsi une tendance préoccupante, alors que les engagements publics en matière de lutte contre les violences conjugales restent, selon plusieurs observateurs, en deçà des besoins identifiés sur le terrain.