"Le niveau d'investissement à réaliser pour remettre l'entreprise à niveau nous semble démesuré": APAr lâche finalement le dossier Duralex

# Duralex : APAr jette l'éponge, la verrerie face à deux scénarios contrastés Le fondateur d'APAr, Jean-Christophe Chanjou, a annoncé ce jeudi sur BFM Business
# Duralex : APAr jette l'éponge, la verrerie face à deux scénarios contrastés
Le fondateur d'APAr, Jean-Christophe Chanjou, a annoncé ce jeudi sur BFM Business qu'il renonçait à déposer une offre de reprise pour Duralex, plongeant un peu plus l'avenir de la célèbre verrerie dans l'incertitude. La date limite pour le dépôt des offres est fixée à ce jeudi 6 août à midi, et deux options s'offrent désormais à l'entreprise : une cession si elle parvient à démontrer sa viabilité, ou une liquidation pure et simple.
## Un retrait justifié par des investissements jugés "démesurés"
Jean-Christophe Chanjou a explicité les raisons de son désengagement avec une franchise remarquable. "Le niveau d'investissements à réaliser pour remettre juste l'entreprise à niveau nous semble être démesuré par rapport aux capacités de la structure et aux besoins d'investissements pour son développement", a-t-il déclaré. Le fondateur d'APAr, qui avait pourtant laissé entendre ces dernières semaines qu'il déposerait une offre, a également précisé vouloir éviter de faire perdre du temps à la direction actuelle de Duralex.
"Je n'ai pas les clés aujourd'hui pour aller sur ce projet", a-t-il ajouté, reconnaissant que ce dossier l'avait fait rêver. Son analyse de la situation industrielle est sans appel : le processus de production nécessiterait une refonte complète, le chargement des conteneurs s'effectuant encore manuellement. La masse d'investissements pour moderniser l'outil existant serait "tellement énorme" qu'elle apparaît disproportionnée par rapport aux capacités de remboursement de l'entreprise.
## Un critère de viabilité prépondérant
Le fondateur d'APAr a insisté sur le critère fondamental qui a guidé sa décision : la viabilité du projet. "Est-ce que je peux tenir mes engagements, payer les salaires, mes créanciers ? Aujourd'hui, les hypothèses que j'ai faites pour sortir l'entreprise de l'eau me semblent avec mes moyens pas réalisables", a-t-il tranché. Cette prise de position intervient alors que Duralex, fondée en 1945 et réputée pour ses verres incassables, traverse son cinquième redressement judiciaire.
Le retrait d'APAr constitue un nouveau rebondissement dans un dossier déjà complexe, alors que tout portait à croire que ce repreneur d'entreprises allait déposer une candidature. L'entreprise, placée en redressement judiciaire depuis juin, voit ses perspectives d'avenir se réduire, les repreneurs potentiels se faisant rares face à l'ampleur des investissements nécessaires.
## Un avenir suspendu à la décision du tribunal
Les prochaines heures seront déterminantes pour l'avenir de la verrerie. Soit un repreneur se manifeste avant l'échéance de midi et Duralex pourra poursuivre son activité dans le cadre d'une cession, soit aucune offre viable n'émerge et la liquidation devra être envisagée. Dans tous les cas, le témoignage de Jean-Christophe Chanjou met en lumière les défis structurels auxquels est confrontée l'industrie verrière française, entre obsolescence des équipements et contraintes financières accrues. Le tribunal de commerce aura le dernier mot, mais le temps presse pour les salariés de cette entreprise emblématique du patrimoine industriel français.