Le niveau du Danube a connu une baisse "sans précédent": la Bulgarie va réduire la production électrique de la centrale nucléaire de Kozloduy qui fournit plus du tiers de son électricité

Le Danube au plus bas : la Bulgarie contrainte de réduire la production de sa centrale nucléaire de Kozloduy Face à une baisse "sans précédent et critique" du n
Le Danube au plus bas : la Bulgarie contrainte de réduire la production de sa centrale nucléaire de Kozloduy
Face à une baisse "sans précédent et critique" du niveau des eaux du Danube, la Bulgarie a annoncé jeudi une réduction de la production électrique de sa centrale nucléaire de Kozloduy. Cette infrastructure, qui fournit plus d'un tiers de l'électricité du pays, doit diminuer la capacité de l'un de ses deux réacteurs en fonctionnement d'environ 120 mégawatts. L'objectif affiché par le ministère de l'Energie est de "garantir le fonctionnement sûr" de l'installation, alors que les prévisions pour le débit du fleuve en amont "continuent de montrer une tendance à la baisse".
### Une première en 52 ans d'exploitation
Selon le ministère de l'Energie bulgare, il s'agit de la première fois que la puissance de la centrale est réduite en raison de "conditions météorologiques et hydrologiques extrêmes" depuis le démarrage de son exploitation il y a 52 ans. La centrale de Kozloduy, située près de la ville de Kozlodouï, dépend directement des eaux du Danube pour son refroidissement. Cette mesure préventive intervient dans un contexte de sécheresse persistante qui affecte l'ensemble du bassin danubien. Les autorités bulgares n'ont pas communiqué de calendrier précis pour un éventuel retour à la pleine capacité, se contentant d'indiquer que la situation serait réévaluée en fonction de l'évolution du débit du fleuve.
### Un phénomène qui touche toute l'Europe centrale
La Bulgarie n'est pas seule confrontée à cette problématique. La Roumanie a complètement arrêté la centrale de Cernavoda le 13 août dernier, une installation qui fournit habituellement un cinquième de son électricité. La Hongrie, de son côté, s'efforce d'éviter l'arrêt complet de sa centrale de Paks, dont la production a été drastiquement réduite depuis la fin juillet. Plus à l'ouest, la centrale nucléaire de Beznau, dans le nord de la Suisse, a été arrêtée en juin en raison des températures élevées des cours d'eau. La France a également connu des épisodes similaires, bien que de moindre ampleur, lors des périodes de canicule estivale.
### Des conséquences économiques et énergétiques à surveiller
Cette réduction de production intervient dans un contexte où la demande énergétique européenne reste soutenue. Pour la Bulgarie, la centrale de Kozloduy représente un pilier de son mix électrique, et cette baisse de capacité pourrait avoir des répercussions sur les prix de l'électricité dans la région. Les autorités bulgares n'ont pas évoqué de risque de pénurie à ce stade, mais la situation demeure sous surveillance. Les épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents en Europe pourraient, selon plusieurs observateurs, contraindre les exploitants de centrales nucléaires à repenser leurs systèmes de refroidissement face au réchauffement climatique.