Le mouvement hindou BAPS est devenu «le fer de lance de la politique d'influence de l'État indien»

## Un mouvement hindou au cœur des scandales diplomatiques et religieux en France L'incident survenu à la Tour Eiffel, à Paris, a mis en lumière les pratiques c
## Un mouvement hindou au cœur des scandales diplomatiques et religieux en France
L'incident survenu à la Tour Eiffel, à Paris, a mis en lumière les pratiques controversées du BAPS (Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha), une organisation religieuse hindoue dont la délégation a récemment provoqué un scandale après que des femmes employées sur le site ont été écartées des lieux de la visite. Selon des informations rapportées par RFI, cet épisode illustre le conservatisme affiché du mouvement, mais également les liens étroits qu'il entretient avec le pouvoir indien, notamment avec le Premier ministre Narendra Modi.
## Une organisation au service du soft power indien
Fondé sur des principes religieux stricts, le BAPS s'est imposé, selon Christophe Jaffrelot, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de l'Inde et de l'Asie du Sud, comme « le fer de lance de la politique d'influence de l'État indien ». D'après les analyses de ce chercheur, le mouvement servirait ouvertement les intérêts diplomatiques de Narendra Modi, en promouvant son nationalisme hindou à travers le monde. Cette dynamique s'inscrit dans une stratégie plus large de soft power, où les organisations religieuses deviennent des relais de l'influence culturelle et politique indienne à l'étranger. Le BAPS, par son implantation internationale, jouerait ainsi un rôle central dans cette entreprise.
## Un temple inauguré près de Paris
Le 6 septembre dernier, le mouvement a inauguré un temple à Bussy-Saint-Georges, à une trentaine de kilomètres de Paris. Cette ouverture témoigne de son ancrage croissant en France et, plus largement, en Europe. Toutefois, cet événement intervient dans un contexte où les pratiques du BAPS suscitent des interrogations, notamment en matière d'égalité entre les sexes. L'incident de la Tour Eiffel, où des employées ont été écartées, pourrait d'ailleurs raviver les débats sur la compatibilité entre certaines traditions religieuses et les principes républicains français. Selon des sources concordantes, cette affaire aurait provoqué une vive émotion parmi le personnel du monument.
## Des liens étroits avec le pouvoir indien
Les relations entre le BAPS et Narendra Modi ne sont pas nouvelles. Le Premier ministre indien, connu pour son engagement en faveur du nationalisme hindou, aurait régulièrement recours à cette organisation pour asseoir son influence auprès des diasporas indiennes. D'après Christophe Jaffrelot, cette alliance stratégique permettrait à l'Inde de diffuser ses valeurs et de renforcer sa présence géopolitique. Par ailleurs, le BAPS bénéficierait d'un soutien institutionnel qui lui confère une légitimité accrue, tant sur le plan religieux que politique. Cette situation soulève des questions sur la frontière entre spiritualité et diplomatie, d'autant plus que le mouvement est également actif dans des régions sensibles.
## Un conservatisme qui interpelle
Le BAPS est régulièrement critiqué pour ses positions conservatrices, notamment sur les questions de genre et de hiérarchie sociale. L'épisode de la Tour Eiffel a mis en exergue ces tensions, dans un pays où la laïcité et l'égalité sont des principes fondamentaux. Toutefois, le mouvement continue de bénéficier d'une certaine audience, portée par une communauté de fidèles influente et une communication bien rodée. Les autorités françaises n'ont pas encore réagi officiellement à cette affaire, mais des voix s'élèvent pour demander des clarifications sur les conditions d'accueil des délégations étrangères.
## Perspectives et enjeux
L'incident de la Tour Eiffel pourrait avoir des répercussions sur l'image du BAPS en France, alors que le pays s'interroge sur la place des organisations religieuses dans l'espace public. Si le mouvement semble déterminé à poursuivre son expansion, il devra composer avec un environnement juridique et culturel qui ne tolère guère les discriminations. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l'impact de cette controverse sur ses activités et sur ses relations avec les autorités indiennes. Une chose est sûre : le BAPS, en tant qu'instrument du soft power indien, continuera de susciter débats et interrogations.