"Le montant le plus élevé" qui a été payé pour traverser: alors que le phénomène El Niño perturbe la navigation, un bateau a déboursé plus de 5 millions de dollars aux enchères pour pouvoir passer en priorité dans le canal de Panama

Le canal de Panama, artère vitale du commerce maritime mondial, fait face à une situation inédite. Alors que le phénomène El Niño assèche les réserves d'eau néc
Le canal de Panama, artère vitale du commerce maritime mondial, fait face à une situation inédite. Alors que le phénomène El Niño assèche les réserves d'eau nécessaires à son fonctionnement, une entreprise sud-coréenne a déboursé 5,3 millions de dollars lors d'une enchère pour obtenir un passage prioritaire. Un montant record qui illustre la tension croissante sur cette voie stratégique, dont le trafic doit être réduit dès les prochains jours.
## Un record absolu pour un passage prioritaire
L'administratrice du canal de Panama, Ilya Espino de Marotta, a confirmé à l'AFP qu'il s'agissait "du montant le plus élevé" payé à ce jour pour un transit. Selon l'agence Bloomberg, c'est l'entreprise sud-coréenne SK Gas qui a accepté de débourser cette somme lors d'une enchère organisée le 1er septembre pour son navire le G. Spirit, un transporteur de gaz de pétrole liquéfié.
"Nous avons eu trois enchères un peu élevées ces derniers temps", a déclaré Ilya Espino de Marotta, soulignant que "l'enchère est dictée par le marché". Ce système, qui permet aux armateurs de payer un supplément pour accélérer leur passage, reflète la valeur stratégique croissante d'un canal dont la capacité se réduit sous l'effet des conditions climatiques.
## La sécheresse, conséquence directe d'El Niño
Le fonctionnement du canal repose sur l'eau de pluie stockée dans les lacs artificiels de Gatún et d'Alhajuela. Or, le phénomène El Niño, qui provoque un réchauffement des eaux de surface dans le Pacifique équatorial central et oriental, entraîne un climat plus chaud et sec dans la région. Le niveau des lacs a baissé de manière significative, compromettant la navigabilité de la voie interocéanique.
Face à cette pénurie d'eau, l'Autorité du canal de Panama a annoncé une réduction progressive du trafic : de 36 à 34 transits quotidiens à compter du 3 septembre, puis à 32 à partir de la mi-septembre. Cette décision, dictée par la nécessité de préserver les ressources en eau, aura des répercussions directes sur les chaînes d'approvisionnement mondiales.
## Un enjeu majeur pour le commerce mondial
Environ 5% du commerce maritime mondial transite par ce canal long de 80 kilomètres. Neuf passages sur dix sont programmés sur réservation, mais les places restantes ou les transits modifiés en raison d'un imprévu de dernière minute font l'objet d'enchères. Le record atteint par SK Gas témoigne de la concurrence acharnée entre armateurs pour sécuriser leurs délais de livraison.
Le phénomène El Niño, qui revient tous les deux à sept ans, provoque des événements climatiques extrêmes dans de nombreuses régions du globe. Pour le canal de Panama, la situation pourrait s'étendre sur plusieurs mois, les autorités n'ayant pas communiqué de calendrier précis pour un retour à la normale. Les entreprises de transport maritime devront intégrer ces contraintes dans leurs stratégies logistiques, avec des coûts potentiellement accrus pour les consommateurs finaux.
La question de l'adaptation des infrastructures à ces aléas climatiques récurrents se pose désormais avec acuité, alors que le canal de Panama constitue un maillon essentiel de la mondialisation des échanges.