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Le monde est confronté à un risque nucléaire accru, alerte le Sipri

Une · · Par Claire BERNARD

Le monde est confronté à un risque nucléaire accru, alerte le Sipri

Le monde est confronté à un risque nucléaire accru, alerte le Sipri La fragilisation des systèmes de contrôle des armements stratégiques et la rivalité croissan

Le monde est confronté à un risque nucléaire accru, alerte le Sipri

La fragilisation des systèmes de contrôle des armements stratégiques et la rivalité croissante entre les grandes puissances nucléaires suscitent une inquiétude grandissante au sein de la communauté internationale. Selon un rapport publié le 8 juin 2026 par l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), et relayé par Le Figaro avec l'AFP, les États dotés de l'arme atomique sortent de plus en plus ces ogives de leurs stocks pour les installer sur des supports de lancement, ce qui ferait peser un risque accru sur la stabilité mondiale. Cette tendance marquerait une rupture avec les décennies de désarmement progressif qui ont suivi la guerre froide.

Des chiffres en trompe-l'œil

Le rapport du Sipri estime que les puissances nucléaires mondiales disposent d'un total d'environ 12 187 ogives. Sur ce nombre, près de 9 745 se trouveraient dans des stocks militaires, en vue d'une utilisation potentielle. Si ce chiffre représente une légère baisse par rapport à l'année précédente, les chercheurs soulignent que cette diminution est principalement due au démantèlement d'anciennes ogives, plus rapide que le déploiement de nouvelles. En réalité, la dynamique s'inverse : le nombre d'ogives prêtes à l'emploi, c'est-à-dire installées sur des missiles ou des bombardiers, serait en augmentation. Cette évolution, bien que modeste, est jugée préoccupante par les experts, car elle réduit les délais de riposte et augmente les risques d'erreur ou d'escalade accidentelle.

La fin des accords de contrôle

Le contexte géopolitique actuel expliquerait en grande partie cette dégradation. La suspension du traité New START entre les États-Unis et la Russie, ainsi que la fin de l'accord sur le nucléaire iranien, ont considérablement affaibli l'architecture de maîtrise des armements. Sans cadre contraignant, les grandes puissances — notamment la Chine, les États-Unis et la Russie — modernisent leurs arsenaux sans transparence ni limitation. Le Sipri note également que la guerre en Ukraine a ravivé les tensions et que la rhétorique nucléaire est redevenue un outil de pression diplomatique. La Chine, de son côté, poursuit une expansion rapide de son arsenal, avec le déploiement de nouveaux missiles intercontinentaux, comme les DF-5C aperçus lors d'un défilé militaire à Pékin en septembre 2025.

Des implications pour la sécurité mondiale

Cette évolution ne concerne pas uniquement les grandes puissances. Le risque de prolifération s'accroît également dans des régions instables, comme la péninsule coréenne ou le Moyen-Orient. Selon les analystes du Sipri, la normalisation de l'arme nucléaire comme outil stratégique pourrait inciter d'autres États à chercher à s'en doter, brisant ainsi le tabou qui a prévalu depuis Hiroshima. Par ailleurs, la multiplication des vecteurs — missiles hypersoniques, drones, sous-marins — complique la détection et la défense, rendant les équilibres stratégiques plus instables. L'institut appelle à un renouveau du dialogue multilatéral et à la conclusion de nouveaux accords de limitation, avant qu'une escalade incontrôlée ne devienne inévitable.

Face à cette situation, la communauté internationale semble divisée. Si certains pays, comme la France, maintiennent une doctrine de dissuasion stricte, d'autres, comme les États-Unis, appellent à une relance des négociations. Toutefois, sans volonté politique partagée, le risque d'une nouvelle course aux armements nucléaires, comparable à celle de la guerre froide, demeure une hypothèse crédible. Le rapport du Sipri, en alertant sur cette dynamique, espère susciter une prise de conscience avant qu'il ne soit trop tard.