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Le monde qui bouge - L'Interview : Ukraine, la pression sur le Kremlin - 01/07

Economie · · Par Julie MOREAU

Le monde qui bouge - L'Interview : Ukraine, la pression sur le Kremlin - 01/07

# Ukraine : les failles du système énergétique russe exposées par la guerre Les difficultés des infrastructures pétrolières russes et une pénurie de carburant d

# Ukraine : les failles du système énergétique russe exposées par la guerre Les difficultés des infrastructures pétrolières russes et une pénurie de carburant désormais reconnue par Vladimir Poutine lui-même constituent un tournant dans le conflit ukrainien. Ce mercredi 1er juillet, Nicolas Tenzer, enseignant en géostratégie à Sciences Po, était l’invité de Caroline Loyer dans l’émission *Le monde qui bouge - L’Interview*, diffusée sur BFM Business dans le cadre de *Good Morning Business* présentée par Laure Closier. L’analyse du spécialiste met en lumière les vulnérabilités croissantes du Kremlin face à une guerre qui s’enlise et dont les répercussions économiques deviennent palpables pour le régime. ## Des infrastructures pétrolières sous pression ### Un constat inédit de Vladimir Poutine Pour la première fois depuis le début de l’offensive en Ukraine, le président russe a publiquement admis l’existence d’une pénurie de carburant sur le territoire national. Cette reconnaissance, intervenue dans un contexte de tensions sur les marchés énergétiques, marque une rupture avec le discours officiel jusqu’alors axé sur la résilience de l’économie russe face aux sanctions occidentales. Selon Nicolas Tenzer, cette situation résulte d’une combinaison de facteurs : les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes, les limitations imposées par l’embargo européen sur le pétrole brut, et une logistique intérieure fragilisée par la priorisation des besoins militaires. Les infrastructures pétrolières, qui constituent l’épine dorsale du budget fédéral russe, subissent ainsi une érosion progressive dont les conséquences pourraient être systémiques. ### Une pénurie qui révèle les fragilités structurelles La pénurie de carburant ne se limite pas à un simple désagrément logistique. Elle traduit une désorganisation profonde du secteur énergétique russe, où les investissements de maintenance et de modernisation ont été sacrifiés au profit de l’effort de guerre. Les experts estiment que la production de pétrole russe a chuté d’environ 10 % depuis 2022, tandis que les capacités de raffinage ont été réduites de près de 15 % sous l’effet des frappes ciblées ukrainiennes. Nicolas Tenzer souligne que cette situation pourrait contraindre Moscou à réorienter ses exportations, réduisant ainsi ses recettes en devises étrangères, déjà affectées par le plafonnement du prix du baril imposé par le G7. La pression sur le Kremlin s’accentue donc à mesure que les ressources financières nécessaires à la poursuite des opérations militaires se raréfient. ## Les implications géostratégiques pour le conflit ### Un levier de pression sur le régime L’aveu de Vladimir Poutine intervient dans un climat où les signes de fatigue économique se multiplient en Russie. L’inflation, qui atteint des niveaux à deux chiffres dans certains secteurs, combinée à une pénurie de main-d’œuvre due à la mobilisation, fragilise le soutien populaire au conflit. Nicolas Tenzer estime que la pénurie de carburant pourrait devenir un facteur déstabilisant pour le régime, en particulier si elle affecte les approvisionnements des régions rurales ou des secteurs industriels clés. Les autorités russes tentent de limiter l’impact en imposant des restrictions sur les exportations de produits pétroliers, mais ces mesures risquent de creuser le déficit commercial et d’exacerber les tensions avec les partenaires asiatiques, notamment la Chine et l’Inde, qui absorbent une part croissante des hydrocarbures russes. ### Une guerre d’usure aux conséquences incertaines À mesure que le conflit s’étire, la capacité de la Russie à maintenir son effort militaire dépendra de sa faculté à contourner les sanctions et à préserver ses infrastructures énergétiques. Les frappes ukrainiennes, qui ciblent désormais systématiquement les dépôts de carburant et les raffineries, visent à asphyxier économiquement l’adversaire. Pour Nicolas Tenzer, cette stratégie pourrait s’avérer décisive à moyen terme, même si elle ne produit pas d’effet immédiat sur le champ de bataille. Le Kremlin, de son côté, mise sur un épuisement des soutiens occidentaux à l’Ukraine, mais la pression intérieure liée à la pénurie de carburant pourrait précipiter une crise politique dont les conséquences seraient imprévisibles. ## Conclusion : un tournant potentiel dans le rapport de force La reconnaissance par Vladimir Poutine de difficultés énergétiques majeures constitue un signal fort pour les observateurs du conflit. Si la Russie conserve encore des marges de manœuvre, notamment grâce à ses réserves financières accumulées avant la guerre, la dégradation de ses infrastructures pétrolières et la pénurie de carburant pourraient accélérer l’érosion de sa capacité à soutenir une guerre d’usure. L’analyse de Nicolas Tenzer, diffusée sur BFM Business, rappelle que la dimension économique du conflit ukrainien reste un champ de bataille à part entière, où chaque vulnérabilité exploitée peut modifier l’équilibre des forces. Les prochains mois seront décisifs pour déterminer si cette pression sur le Kremlin se traduit par une inflexion stratégique ou, au contraire, par une radicalisation du régime.