Onyx Infos

Le monde qui bouge - L'Interview : Ormuz, un accord bientôt (Trump) - 07/08

Economie · · Par Julie MOREAU

Le monde qui bouge - L'Interview : Ormuz, un accord bientôt (Trump) - 07/08

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole, serait au cœur d'un projet d'accord diplomatiqu

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole, serait au cœur d'un projet d'accord diplomatique dont les contours restent encore flous. Alors que le président des États-Unis avait promis la réouverture complète du détroit, les marchés financiers, de plus en plus sceptiques, oscillent entre espoir et défiance. C'est dans ce contexte tendu que Djilali Benchabane, analyste géopolitique et directeur de CEOS Stratégie & Conseil, était l'invité de l'émission *Good Morning Business* sur BFM Business, ce vendredi 7 août. ### Un accord annoncé, une promesse en suspens L'administration américaine a évoqué à plusieurs reprises la possibilité d'un accord visant à sécuriser la navigation dans le détroit d'Ormuz. Une promesse forte, formulée par le président des États-Unis lui-même, qui avait assuré que la réouverture du détroit serait effective dans des délais rapides. Pourtant, sur le terrain, rien ne semble avoir évolué de manière tangible. Selon Djilali Benchabane, cet écart entre les annonces et la réalité constitue un facteur de fragilité majeur pour la crédibilité diplomatique de Washington. L'analyste souligne que la complexité géopolitique de la région, marquée par les tensions entre l'Iran et les puissances occidentales, rend tout accord particulièrement délicat à négocier. Les conditions posées par Téhéran, notamment en matière de levée des sanctions, restent un point de blocage central. Si un cadre de discussion existe, les modalités précises de l'accord demeurent, à ce stade, largement hypothétiques. ### Des marchés financiers sous tension La volatilité des marchés observée ces dernières semaines reflète cette incertitude. Les investisseurs, qui avaient initialement accueilli favorablement les déclarations américaines, semblent aujourd'hui douter de la réalité d'un accord imminent. Les cours du pétrole, particulièrement sensibles aux évolutions dans la région du Golfe, ont connu des variations notables, sans direction claire. Cette nervosité s'explique par la crainte d'une escalade militaire, qui aurait des conséquences directes sur l'approvisionnement énergétique mondial. Les analystes interrogés dans le cadre de l'émission notent que les marchés ont appris à se méfier des annonces politiques non suivies d'effets concrets. La promesse de réouverture du détroit, si elle venait à être déçue, pourrait entraîner un regain de volatilité et une prime de risque accrue sur les actifs liés à l'énergie. Les opérateurs surveillent donc de près les moindres signaux, qu'ils soient diplomatiques ou militaires, pour ajuster leurs positions. ### Un équilibre géopolitique fragile Au-delà des considérations économiques, l'enjeu d'Ormuz dépasse largement le cadre commercial. Ce détroit est un symbole de l'équilibre des puissances au Moyen-Orient. Toute modification de son statut, qu'elle soit négociée ou imposée, aurait des répercussions sur les alliances régionales et sur la sécurité des routes maritimes. Djilali Benchabane insiste sur le fait que la communauté internationale observe avec attention les initiatives américaines, tout en rappelant que l'Iran dispose de capacités militaires significatives pour perturber le trafic en cas de rupture des négociations. La question du calendrier reste également centrale. Les échéances politiques, tant aux États-Unis qu'en Iran, pourraient influencer la trajectoire des discussions. Dans ce contexte, les déclarations optimistes de certains responsables américains pourraient relever davantage d'une stratégie de communication que d'une feuille de route opérationnelle crédible. ### Vers une clarification nécessaire Alors que les semaines passent, les acteurs économiques et politiques appellent à une clarification rapide. L'absence de progrès concrets alimente les spéculations et fragilise un peu plus la confiance des marchés. Si un accord sur Ormuz reste possible, sa concrétisation dépendra de la capacité des parties prenantes à surmonter leurs divergences profondes. En attendant, les investisseurs devront composer avec une incertitude qui, selon toute vraisemblance, ne se dissipera pas à court terme. L'émission *Good Morning Business*, diffusée du lundi au vendredi sur BFM Business, continue de suivre ces évolutions, avec un œil attentif sur les prochains développements diplomatiques.