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Le monde qui bouge - L'Interview : Iran, les pourparlers finaux d'ici 60 jours - 15/06

Economie · · Par Julie MOREAU

Le monde qui bouge - L'Interview : Iran, les pourparlers finaux d'ici 60 jours - 15/06

Iran-États-Unis : une fenêtre de 60 jours pour des pourparlers décisifs sur le nucléaire et le détroit d’Ormuz Les discussions entre Téhéran et Washington entre

Iran-États-Unis : une fenêtre de 60 jours pour des pourparlers décisifs sur le nucléaire et le détroit d’Ormuz

Les discussions entre Téhéran et Washington entrent dans une phase potentiellement décisive. Selon David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS), invité ce lundi 15 juin sur BFM Business dans l’émission Good Morning Business, un accord de fond est en cours de finalisation. Ce dernier prévoirait la réouverture du détroit d’Ormuz et le gel du programme nucléaire iranien, en échange d’une levée des sanctions économiques. Les pourparlers, qualifiés de « finaux », devraient aboutir dans un délai de 60 jours, soit d’ici la mi-août. Cette annonce intervient dans un contexte géopolitique tendu, où chaque geste diplomatique est scruté par les marchés et les puissances régionales.

Un échange stratégique : détroit d’Ormuz contre allègement des sanctions

L’enjeu principal de ces négociations repose sur un équilibre fragile entre sécurité énergétique et non-prolifération. Le détroit d’Ormuz, passage obligé pour près de 20 % du pétrole mondial, est un point névralgique que l’Iran a menacé de fermer à plusieurs reprises. En contrepartie d’une réouverture garantie et d’un gel vérifiable de son programme nucléaire, les États-Unis seraient prêts à lever une partie des sanctions qui asphyxient l’économie iranienne. David Rigoulet-Roze a précisé que cet accord « en cours de finalisation » représente une avancée majeure après des années de tensions, mais qu’il reste conditionné à des garanties de transparence de la part de Téhéran. La fenêtre de 60 jours est perçue comme un ultimatum implicite pour sceller un texte que les deux parties jugent « acceptable ».

L’obstacle israélien : Netanyahou en embuscade

Cependant, la route vers un accord est semée d’embûches. La chronique de Mathilde Chaminade, diffusée le même jour sur BFM Business, a mis en lumière le rôle clé du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Israël, qui considère l’Iran comme une menace existentielle, s’oppose fermement à toute levée des sanctions sans un démantèlement complet du programme nucléaire. Selon la chroniqueuse, Netanyahou multiplie les pressions diplomatiques et pourrait tenter de faire capoter les pourparlers, soit par des actions militaires préventives, soit en influençant l’administration américaine via les relais pro-israéliens à Washington. Cette position constitue un « obstacle majeur » selon les termes employés, car elle fragilise la crédibilité d’un accord qui nécessite une adhésion régionale pour être viable.

Un calendrier serré pour une diplomatie sous pression

Le délai de 60 jours n’est pas anodin. Il correspond à la fois à une fenêtre politique avant la période estivale et à un impératif économique pour l’Iran, dont l’inflation dépasse les 40 %. Les négociateurs américains, de leur côté, cherchent à stabiliser les marchés pétroliers avant la saison des ouragans et les tensions saisonnières sur l’offre. David Rigoulet-Roze a souligné que « les discussions techniques avancent », mais que chaque camp campe sur ses positions. Les sanctions, qui ont privé l’Iran de 100 milliards de dollars de revenus pétroliers depuis 2018, sont le levier principal de Washington. Téhéran, lui, exige des garanties écrites qu’aucune nouvelle sanction ne sera imposée. La réouverture du détroit d’Ormuz, condition sine qua non pour les États-Unis, serait un signal fort pour les marchés, où le baril de Brent oscille autour de 75 dollars.

Perspectives : un accord historique ou un énième échec ?

L’issue de ces pourparlers reste incertaine. Si un accord venait à être signé, il marquerait un tournant dans les relations entre les deux pays, après des décennies de défiance. La levée des sanctions permettrait à l’Iran de réintégrer le système financier international et d’augmenter sa production de pétrole de 1,5 million de barils par jour, selon les estimations. À l’inverse, un échec pourrait raviver les tensions dans le Golfe, avec des conséquences directes sur les prix de l’énergie et la sécurité des approvisionnements. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si la diplomatie l’emporte sur la confrontation, dans un équilibre où chaque acteur – Iran, États-Unis, Israël – joue une partie serrée.