Le ministre des Comptes publics assure que le démarrage de la facturation électronique dans les entreprises est "au-delà des attentes"

## Facturation électronique : un démarrage « au-delà des attentes » selon Bercy Quinze jours après le coup d'envoi de la facturation électronique obligatoire, l
## Facturation électronique : un démarrage « au-delà des attentes » selon Bercy
Quinze jours après le coup d'envoi de la facturation électronique obligatoire, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a dressé un premier bilan jugé très favorable. Selon les chiffres qu'il a communiqués mercredi, la montée en puissance du dispositif dépasse les prévisions initiales de l'administration. Une dynamique encourageante, tempérée toutefois par un chantier encore largement ouvert pour les entreprises les moins équipées.
## Des chiffres supérieurs aux prévisions
Intervenant lors du 81ème congrès de l'ordre des experts-comptables (CNOEC), David Amiel a détaillé les premiers résultats de la réforme. « 70% des déclarantes à la TVA ont déjà désigné leur solution de réception » parmi les près de 150 plateformes agréées existantes, a-t-il indiqué, sur un total d'environ quatre millions d'entreprises concernées. Le ministre a également fait état de « 5 millions de factures » déjà échangées, pour « un montant de plus de 15 milliards d'euros ». « C'est au-delà de nos attentes », a-t-il assuré, précisant que les estimations initiales tablaient sur de tels résultats « plutôt à la fin du mois d'octobre ». Un décalage qui traduit, selon lui, une appropriation plus rapide que prévu par les entreprises.
## Un chemin encore long à parcourir
Le ministre a toutefois nuancé son optimisme. « Le chemin est encore long puisqu'il faut toucher les entreprises qui ne sont pas encore équipées, aider celles qui rencontrent des difficultés, qui s'interrogent parfois d'ailleurs sur le choix de la plateforme », a-t-il observé. Cette prudence fait écho aux inquiétudes exprimées par les représentants des TPE-PME, pour qui la transition représente un casse-tête technique et organisationnel. Le choix de la plateforme agréée, l'adaptation des logiciels de gestion et la formation des équipes constituent autant d'étapes que toutes les structures n'ont pas encore franchies. La question du coût de mise en conformité reste également un point de vigilance pour les plus petites entreprises.
## Un calendrier progressif et une période de clémence
Le dispositif prévoit une montée en charge échelonnée. Toutes les entreprises doivent désormais être capables de recevoir leurs factures via une plateforme électronique. En revanche, l'obligation d'émission ne s'appliquera qu'à partir de septembre 2027. « Notre priorité reste l'accompagnement », a souligné David Amiel, rappelant qu'aucune sanction ne sera appliquée d'ici à fin décembre aux entreprises non encore prêtes. Cette période de tolérance vise à laisser du temps aux retardataires sans pénaliser leur activité.
## Une clémence qui ne repousse pas l'échéance
Un peu plus tôt, la directrice générale des Finances publiques, Amélie Verdier, avait toutefois mis en garde contre toute interprétation trop laxiste de cette souplesse. Cette période de clémence ne signifie pas, selon elle, « qu'on repousse aux calendes grecques » la pleine entrée en vigueur de la réforme. Elle a appelé les entreprises à se préparer rapidement et à être en mesure de « démontrer ce qui est fait » le moment venu. Le message est clair : l'administration accepte un temps d'adaptation, mais considère l'échéance de 2027 comme ferme.
## Un enjeu de compétitivité et de lutte contre la fraude
Au-delà de l'aspect technique, la généralisation de la facturation électronique poursuit plusieurs objectifs : simplification des démarches, réduction des délais de paiement, mais aussi lutte contre la fraude à la TVA. Bercy estime que le dispositif permettra de mieux tracer les flux et de sécuriser les recettes fiscales. Pour les entreprises, l'enjeu consiste désormais à transformer cette contrainte réglementaire en opportunité d'automatisation et de gain de productivité. Les prochains mois seront déterminants pour mesurer si la dynamique observée se confirme auprès des structures les plus petites.