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Le grand renoncement sécuritaire et judiciaire : ces décisions qui ont coulé la France depuis 50 ans

Une · · Par Claire BERNARD

Le grand renoncement sécuritaire et judiciaire : ces décisions qui ont coulé la France depuis 50 ans

L’institut Thomas More, laboratoire d’idées libéral-conservateur fondé en 2004 à l’initiative de l’ancien ministre de la Défense Charles Millon, publie un inven

L’institut Thomas More, laboratoire d’idées libéral-conservateur fondé en 2004 à l’initiative de l’ancien ministre de la Défense Charles Millon, publie un inventaire des cinquante décisions qui, selon lui, ont provoqué le déclin structurel de la France depuis cinquante ans. Dans ce premier volet consacré à la sécurité et à la justice, l’institut pointe un « couple laxisme judiciaire-culpabilité mémorielle ou sociale » qui aurait légitimé la délinquance quotidienne, selon des informations rapportées par *Le Figaro Magazine*. ## Un constat sans appel sur cinquante ans de politique pénale D’après le rapport de l’institut Thomas More, relayé par Ghislain de Montalembert dans l’édition du 21 juillet 2026 du *Figaro Magazine*, les décisions prises successivement par les chefs de l’État, de Valéry Giscard d’Estaing à Emmanuel Macron, auraient affaibli les fondements de l’autorité publique. Le document identifie notamment des mesures relatives à la procédure pénale, à l’aménagement des peines et à la politique carcérale qui, cumulées, auraient contribué à une perte de confiance des citoyens dans l’institution judiciaire. L’étude ne se limite pas à un simple constat contemporain. Elle s’inscrit dans une série plus large intitulée « Ces décisions qui ont coulé la France », qui explore également les domaines de l’économie, de l’immigration, de l’éducation et de la culture. Cette approche systémique tend à démontrer que les difficultés actuelles de la France en matière de sécurité ne seraient pas le fruit de circonstances conjoncturelles, mais bien d’un choix de société opéré sur le long terme. ## La responsabilité des politiques successives Selon les analystes de l’institut, plusieurs réformes emblématiques auraient joué un rôle déterminant dans ce processus de délégitimation de l’autorité judiciaire. Parmi celles-ci figurent des dispositions visant à privilégier les alternatives à l’incarcération, à réduire les délais de garde à vue ou encore à multiplier les mesures de clémence pour les primo-délinquants. Ces orientations, bien qu’inspirées par des considérations humanistes et de réinsertion, auraient, selon le rapport, envoyé un signal d’impunité aux auteurs de délits quotidiens. Le rapport souligne également le rôle des discours politiques et médiatiques qui, en cultivant un sentiment de culpabilité collective vis-à-vis de certaines catégories de la population, auraient entravé l’action des forces de l’ordre. Cette « culpabilité mémorielle ou sociale » évoquée par l’institut Thomas More aurait ainsi créé un terrain propice à la banalisation de certaines formes de délinquance, notamment dans les quartiers sensibles. ## Des conséquences mesurables sur le terrain Les données disponibles semblent confirmer, au moins partiellement, ce diagnostic. Les statistiques officielles publiées ces dernières années font état d’une augmentation sensible des atteintes aux biens et aux personnes dans certaines zones urbaines, ainsi que d’un taux d’élucidation des affaires en baisse constante. Toutefois, les chercheurs de l’institut reconnaissent que ces évolutions doivent être nuancées, car elles résultent également de facteurs sociologiques et économiques plus larges, tels que la précarisation de certaines franges de la population ou l’évolution des modes de consommation de stupéfiants. Par ailleurs, le rapport évoque la pression croissante exercée sur les magistrats et les personnels pénitentiaires, confrontés à des moyens insuffisants et à une inflation législative qui complexifie leur mission. Cette situation, d’après les auteurs de l’étude, expliquerait en partie les délais d’audiencement de plus en plus longs et le sentiment d’impuissance ressenti par les victimes. ## Un débat qui s’annonce vif La publication de cet inventaire intervient dans un contexte politique où la question sécuritaire occupe une place prépondérante dans le débat public. Les propositions de l’institut Thomas More, qui plaide pour un retour à une logique de fermeté et de responsabilisation individuelle, ne manqueront pas de susciter des réactions contrastées au sein de la classe politique et des associations de défense des droits humains. Certains observateurs estiment en effet que ce diagnostic, bien que documenté, tend à occulter les avancées réalisées en matière de droits de la défense et de réinsertion des détenus. D’autres, au contraire, y voient une confirmation des alertes lancées depuis plusieurs décennies par les professionnels de terrain. Le débat devrait donc se poursuivre dans les prochaines semaines, notamment à l’occasion des prochaines échéances électorales, où la thématique de l’insécurité pourrait de nouveau occuper le devant de la scène.